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Macro-économie / Taux / Marchés financiers / rallye / CAC 40 / S&P 500

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Marchés financiers / rallye / CAC 40 / S&P 500

Marchés : une politique de l’autruche qui fonctionne

Alors que l'activité économique va encore se détériorer et que les États-Unis vivent des manifestations historiques contre les violences policières, les marchés continuent de grimper. Ils misent sur une reprise rapide, et les chiffres du chômage US semblent leur donner raison.
Bull and bear - Bourse - marchés (hausse, baisse) - Francfort
Bull and bear - Bourse - marchés (hausse, baisse) - Francfort

Depuis plusieurs semaines déjà, la décorrélation entre les marchés et la réalité économique, en Europe comme aux États-Unis, laisse pantois. Certes, le krach boursier a été violent au début de la pandémie en mars, mais le rallye qui l’a immédiatement suivi ne semble pas fondé sur des projections économiques réalistes. Le CAC 40 a par exemple rebondi de 37 % depuis son point bas de mi-mars et n’est plus qu’à 15 % de son niveau de fin février, tandis que le S & P 500 a grimpé de 40 % sur les 50 derniers jours, un record depuis 1957.

Pourtant, le tableau est bien sombre : la France table désormais sur une récession de 11 % en 2020 et aux États-Unis, la Fed d’Atlanta anticipe une chute historique de 53 % du PIB en rythme annualisé au deuxième trimestre. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire l’a lui-même reconnu, "le pire est devant nous", dans la mesure où de nombreuses entreprises bénéficient des mesures exceptionnelles d’aides publiques, du Prêt Garanti par l’État en passant par le chômage partiel, qui a pour l’instant limité la casse sur l’emploi. S’il le fera très graduellement, l’État n’a pas d’autre choix que d’arrêter la perfusion de l’économie, qui grève les finances publiques. Si bien que pour les économistes, le vrai choc de la crise se fera ressentir avec retard, à l’automne prochain.

Outre-Atlantique, une autre réalité a brusquement pris les devants de la scène et remplacé le Covid-19 : les violences policières racistes, après la mort de George Floyd à Minneapolis. Et si le pays connaît un grand émoi et des manifestations comparables à celles de 1968, après l’assassinat de Martin Luther King Jr, les marchés occultent cette actualité. Malgré le coup d’arrêt de l’activité et l’explosion du chômage, les investisseurs font le pari d’un rebond fort et rapide de l’économie. La fameuse reprise en V, que les économistes ont pourtant écarté comme scénario le plus probable, étant donné le choc systémique porté à la demande.

Optimisme béat, euphorie irrationnelle ? Alors que les marchés ont été chahutés au gré des échanges acerbes entre Donald Trump et Xi Jinping pendant des mois, le risque de guerre commerciale sino-américaine, qui revient pourtant en force, n’effraie plus personne. Les investisseurs croient au pouvoir suprême de la planche à billets. Les banques centrales européenne et américaine ont sorti leurs bazookas les plus puissants pour abonder les marchés en liquidités, et nourrir artificiellement le rebond.

Pourtant, un chiffre semble leur donner raison ce vendredi : l’économie américaine a créé ou recréé 2,5 millions d’emplois en mai, et le taux de chômage a reflué de 14,7 % à 13,3 %, alors que les prévisions tablaient sur un bond à près de 20 %. Mais ces embauches – dont 1,4 million dans les bars et restaurants, grâce aux relâchements du confinement – semblent être liées au stimulus inédit du gouvernement. De chaque côté de l’Atlantique, les investisseurs tablent avec enthousiasme sur le prolongement de ces mesures, grâce aux plans de relance des gouvernements nationaux, et de l’Union Européenne. Ils auront la lourde mission d’être à la hauteur de cette tâche.

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