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Vallourec / restructuration
Vallourec s'oriente vers une restructuration financière d’envergure
Vallourec avance dans ses discussions avec ses créanciers, et ce n’est pas pour rassurer les actionnaires, très vraisemblablement promis à un traitement douloureux.
Le spécialiste mondial des tubes en acier sans soudure, trop endetté, veut ouvrir les discussions en cours sur sa restructuration financière à toutes des parties prenantes, y compris ses créanciers obligataires, dans le but de parvenir à la révision de l’ensemble de ses emprunts. A travers ces discussions, qui ont démarré hier, Vallourec compte obtenir de la part des porteurs de ses obligations de droit américain l’autorisation de demander la nomination d’un mandataire ad-hoc dans le cadre de sa restructuration. Une majoritaire simple est requise.
Vallourec insiste bien sur le fait qu’il n’a pas encore décidé s’il allait avoir recours à un mandataire : il n'en a pas le droit avant d’avoir obtenu une dérogation (waiver) pour lequel il négocie depuis hier – avec une date butoir fixée au 11 septembre, extensible toutefois. Sinon, cela serait considéré comme un défaut au regard des contrats qui régissent les obligations, ce qui entraînement l’exigibilité anticipée de leur remboursement.
L’équipementier industriel a également tenu à rassurer quant à son état d’esprit dans les futures négociations portant sur la restructuration. "Le mandataire aurait un rôle de facilitateur et de médiateur ; il ne jouera pas de rôle opérationnel. Il serait utile dans la mesure où le nombre de parties prenantes est important", a précisé Edouard Guinotte, président du directoire du groupe, au téléphone.
L’inquiétude serait légitime étant donné que le nombre de parties prenantes promet d’être important, laissant augurer d’intérêts très divers : en plus de ses actionnaires, Vallourec ne compte pas moins de… 17 banques, tandis que le nombre de créanciers obligataires, qui promet d’être important, sera connu au cours des discussions.
L’obtention du waiver permettra au groupe, conseillé par les banques d’affaires Rothschild et Morgan Stanley et les avocats de Weil Gotshal & Manges, de revoir l’ensemble de sa structure financière.
Mais de toute façon, les actionnaires minoritaires pourraient souffrir. Il faut se souvenir qu’avant la crise sanitaire, Vallourec prévoyait déjà une augmentation de capital de 800 millions d’euros, à laquelle comptaient participer la banque publique Bpifrance et l’industriel japonais Nippon Steel, détenteurs de 14,7% du capital chacun. Or, avec les conséquences du confinement et l’effondrement du marché pétrolier en mars-avril sur l’activité économique, la situation s’est encore aggravée. "L’augmentation fait partie du pack de solutions actionnables. Nous allons recueillir les suggestions des uns et des autres", a indiqué Edouard Guinotte. Mais "un rapprochement n’est pas du tout à l’ordre du jour. Dans les négociations, nous resterons soucieux de préserver l’intérêt social du groupe pour qu’il continue seul sur sa route stratégique et pour assurer son avenir tel qu’il existe aujourd’hui", a-t-il poursuivi.
Une conversion d’une partie de la dette est de toute façon probable. "Ce n’est pas en s’endettant davantage que l’on va régler le niveau de dette" de la société, a concédé Edouard Guinotte. Ce qui explique la chute brutale de l’action Vallourec aujourd’hui : le titre a perdu 9,7% hier à la Bourse de Paris, à 22,85 euros. S&P a dégradé hier soir de deux crans - chose rare - la note de crédit de Vallourec (à CCC-), en l'associant, qui plus est, à une perspective négative. "Nous pourrions réduire à nouveau nos notes si Vallourec annonçait des termes de conversion particulièrement défavorables ou s'il décidait de surseoir au paiement d'une échéance au cours de la période intérimaire", explique l'agence de notation.
Quoi qu’il en soit, le groupe compte parvenir à un accord final avant une première échéance de dette, prévue en février 2021, de 1,72 milliard d’euros. Mais le directeur financier Olivier Mallet a rappelé que Vallourec avait un sujet de dette excessive, "en aucun cas un problème de liquidité : nous avons plus de 1,4 milliard d’euros dans nos caisses et nous aurons toujours grosso modo le même montant à la fin de l’année".
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