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Projections macroéconomiques Banque de France Inflation Chômage Emploi

Macro-économie / Taux / PIB / Banque de France / Inflation / Emploi

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La Banque de France revoit ses prévisions à la hausse

Les nouvelles projections de la BdF sont nettement plus optimistes qu'en juin, l'économie ayant rebondi plus rapidement que prévu au troisième trimestre. Du coup, la France devrait retrouver son niveau de richesse pré-Covid plus tôt qu'anticipé, début 2022. Sauf en cas de reconfinement généralisé, ce qui n'est pas le scénario central de la BdF.
Paris - France - immobilier
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C'est moins mauvais que prévu. Voilà ce qu'il faut retenir des nouvelles projections macroéconomiques dévoilées ce matin par la Banque de France. Selon l'institution, l'Hexagone devrait ainsi connaître une contraction de son PIB de 8,7% cette année, contre une prévision initiale de -10,3% lors de ses anticipations du mois de juin. Deux éléments ont conduit la Banque centrale à revoir ses chiffres à la hausse : une moindre chute du PIB au deuxième trimestre, celui ayant baissé de 13,8%, contre -15% anticipés en juin. "L'activité marchande a mieux résisté qu'attendu", souligne ainsi la Banque de France, bien que dans le même temps la consommation publique a enregistré une baisse plus marquée. "Un quart des fonctionnaires hors secteur de la santé ont été mis au chômage partiel, ce qui a pesé sur la consommation publique", explique ainsi Olivier Garnier, directeur général des Statistiques Étude et International de la Banque de France. D'autre part, la BdF évalue que la perte d'activité est revenue dès le mois d'août et septembre autour de -5%, un niveau qu'elle anticipait plutôt en fin d'année lors de ses projections de juin. Au dernier trimestre, elle prévoit une perte d'activité comprise entre 3,5% et 4%.

La révision de l'activité en 2020 est tirée par la demande interne privée, consommation et investissement, qui a mieux résisté que prévu et devrait continuer à dépasser les anticipations initiales de la BdF. Ainsi, le taux d'épargne des ménages se replierait sensiblement au cours de la deuxième moitié de l'année 2020 (après son pic à 27,4% au second trimestre), avant de se normaliser dans le courant de l'année 2021. "Le supplément d'épargne des Français que nous anticipions à 100 milliards d'euros en juin, devrait finalement être légèrement inférieur", explique encore le responsable de la Banque de France. En revanche, la faiblesse des exportations entraînera une contribution du commerce extérieur à la croissance nettement négative en 2020. "Le tourisme et l'aéronautique, qui étaient notre point fort au sein de la balance extérieure, sont les secteurs qui ont été le plus touchés par l'épidémie", souligne Olivier Garnier.

Quid des années 2021 et 2022 ? Pour l'an prochain, la Banque de France a également légèrement revu ses prévisions à la hausse, puisqu'elle anticipe désormais une reprise de 7,4%, contre 6,9% en juin, avant une normalisation de l'économie en 2021, avec une hausse prévue de 3% (contre 3,9% anticipés il y a trois mois). Le profil en aile d'oiseau se confirme donc, avec un retour au niveau pré-Covid plus tôt qu'anticipé, pour début 2022 au lieu de mi-2022. "L'économie française est désormais 5 points en dessous de son niveau pré-Covid, contre -32 au second trimestre. Nous avons gravi 27 étages en cinq mois mais nous allons mettre 18 mois à gravir les cinq derniers car nous retrouvons des taux de croissance plus habituels", explique encore Olivier Garnier.

Attention toutefois à ne pas sur interpréter ces prévisions, qui sont encore entourées d'aléas très importants. À la fois parce que l'évolution de la conjoncture dépendra de celle de l'épidémie, même si la BdF ne prévoit pas de reconfinement généralisé. La croissance française pourrait également être affaiblie par un Hard Brexit, risque qui a augmenté depuis une semaine. En revanche, la BdF n'a intégré qu'une partie de l'ensemble des mesures du plan de relance présenté le 3 septembre car leurs modalités et leur calendrier restent à préciser dans la loi de finance à venir. L'impact total du plan de relance dans ses prévisions devrait avoir un effet positif sur la croissance de l'Hexagone.

Du côté de l'emploi, la Banque de France prévoit que 800 000 emplois seront supprimés cette année, mais qu'à l'inverse plus de 700 000 postes nets seront recréés au total sur les deux années 2021-2022. Le taux de chômage devrait quant à lui atteindre un pic de 11% au premier semestre 2021 avant de refranchir à la baisse le seuil des 10% courant 2022. "La projection du taux de chômage reste toutefois très incertaine compte tenu des difficultés de mesures dans les circonstances actuelles et de comportements d'activité difficiles à prévoir", prévient la BdF. L'inflation enfin, devrait rester faible sur tout l'horizon de prévision, puisqu'elle devrait atteindre 0,5% seulement cette année, et terminer à 1% seulement en 2022. Une faiblesse des prix qui résulte à la fois de la chute des cours du pétrole, qui ont pesé sur l'indice HICP, et de l'appréciation de plus de 5% du taux de change. "L'appréciation du taux de change effectif pèse sur l'inflation à venir compte tenu de notre hypothèse consistant à figer les taux de change à leurs niveaux connus", souligne Olivier Garnier.

Vu le climat d'incertitude actuel, la BdF a, tout comme en juin, publié deux scénarios alternatifs, l'un plus favorable, de maîtrise de l'épidémie, qui permettrait à l'Hexagone de retrouver son niveau d'activité pré Covid dès la fin de cette année, avec une croissance de 10% l'an prochain. Dans l'autre cas de figure, plus noir, où la circulation du virus s'intensifierait entraînant des contraintes sanitaires très forte, le PIB français se contracterait d 16% cette année, avant de rebondir à hauteur de 6% "seulement" l'an prochain.

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