Macro-économie / Taux / INSEE / Consommation des ménages
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INSEE / Consommation des ménages
Encore une épine dans le pied de la reprise économique hexagonale
C’est le pilier de l’économie française. La consommation des ménages pèse plus de la moitié de la richesse nationale produite chaque année par la France. Après s’être effondrée de 50 milliards d’euros durant le deuxième trimestre par rapport à son niveau d’avant-crise (quatrième trimestre 2019), et alors qu'elle devrait connaître un rebond de 16% durant le troisième trimestre, la consommation des ménages pourrait se contracter - de nouveau - durant les trois derniers mois de l’année, a annoncé l'Insee (-1%). D’une part, les effets de rattrapage observés au troisième trimestre vont progressivement disparaître, de même que les effets des mesures de soutien à l’achat de véhicules. D’autre part, le retour des mesures de restriction va nécessairement peser sur la consommation de services, anticipe l'Insee.
La consommation avait bien rebondi dès la levée du confinement, puisque si elle évoluait 16,7% en dessous de son niveau d’avant-crise lors du deuxième trimestre en raison du confinement. Son écart par rapport à une situation dite "normale" s’est résorbé de 13,7 points de pourcentage lors du troisième trimestre, estime l’Insee. L’institut statistique note cependant "des dynamiques de consommation contrastées". La consommation de certains produits avait fortement augmenté dès le mois de mai et semblerait s’être maintenue au cours du troisième trimestre à un niveau supérieur à celui d’avant-crise, comme les biens fabriqués (équipement du foyer, achat de voitures, habillement-chaussure…). L’Insee l’explique par "l’effet de rattrapage des dépenses non effectuées durant le confinement" et par les "mesures d’incitation (prime de conversion exceptionnelle dans le cas des achats de voitures par exemple)".
En revanche, du côté des services, beaucoup de produits ont vu leur consommation redémarrer beaucoup plus lentement. Au troisième trimestre, ils se situent encore très en dessous de leur niveau d’avant crise, citons les dépenses en hôtellerie et restauration (-22%), ou celles à destination du transport (-29%). "La reprise de la consommation dans ces secteurs, a en effet pu être limitée par la persistance des mesures sanitaires, la baisse du tourisme international, ainsi que par le recours accru au télétravail", analyse l’Insee.
Tout cela dans un contexte où le désir d'épargner des ménages n'a jamais été aussi élevé depuis cinq ans. À ce propos, ce désir est hétérogène suivant le type d’activité du ménage. "La hausse de la part des salariés du secteur privé déclarant que c’est le moment opportun d’épargner a été relativement continue depuis la fin du confinement. Concernant les salariés du public, le solde d’opinion a vivement bondi en juillet, puis une nouvelle fois en septembre. À l’inverse, le solde correspondant aux indépendants et aux chefs d’entreprises s’est replié en août et se stabilise en septembre", explique l'Insee.
A noter que cette volonté d'épargner touche aussi les ménages retraités, bien qu'ils soient peu affectés par la baisse des revenus d’activité, "signe peut-être de solidarité intergénérationnelle ou de craintes générales sur l’avenir".
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