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Danone / coronavirus / revue stratégique
Danone prépare 2021
Après avoir perdu les eaux au premier semestre, Danone a vécu un accouchement au troisième trimestre. Et ce sont de véritables changements stratégiques qui sont nés. S’il a fallu attendre, c’était pour "évaluer la manière dont la réouverture progressive des économies impacterait les modes de vie et de travail de ses consommateurs avant de préparer ses propres plans d’adaptation aux évolutions structurelles des modes de consommation et accélérer le retour de l’entreprise vers son agenda de croissance rentable". Cette évaluation a notamment mis en avant la localisation des chaînes d'approvisionnement et la nécessité de leur plus grande proximité, ainsi que l’agilité de la production et la distribution.
Concrètement, la multinationale lance une revue stratégique complète de son portefeuille, en commençant par l’Amérique du Sud et la marque Vega. L’amélioration de l’efficacité sera aussi au cœur des préoccupations, notamment en cherchant à accélérer la croissance et l'efficacité au premier trimestre du prochain exercice. Lors d’une conférence avec des analystes, Emmanuel Faber a précisé que ce plan d’adaptation comprendra une forte réduction des coûts. Enfin, une nouvelle organisation "plus apte et plus agile pour servir au mieux la stratégie et l'exécution" est mise en place. Elle est symbolisée par un départ qui marque les esprits, celui de Cécile Cabanis. Chez Danone depuis 16 ans, elle occupe la poste de directrice générale des finances et a décidé de partir vers d’autres horizons en soulignant "que ce nouveau chapitre pour moi rime avec un nouveau chapitre pour Danone". C’est Juergen Esser, actuellement directeur financier des divisions eaux et Afrique qui la remplacera le 21 février. Après 20 ans à occuper différentes fonctions financières au sein de Danone, il aura la lourde mission de gérer les finances d’une nouvelle équipe.
Car ce changement n’est pas le seul : deux directeurs généraux en charge de macro-régions auront comme mission "le renforcement de l’expérience opérationnelle au niveau local " et "le développement de synergies entre les catégories de produits". Véronique Penchienati-Bosetta prendra dès novembre le rôle de CEO Danone International et couvrira 80 % des ventes du groupe alors que Shane Grant prend le rôle de CEO Danone North America et couvrira 20 % des ventes. En plus de ce découpage, deux autres fonctions globales regrouperont Henri Bruxelles, chief operating officer en charge de la transformation de Danone, pour mieux répondre aux besoins des consommateurs, et Nigyar Makhmudova, chief growth officer, focalisée sur la stratégie de croissance et l’innovation.
Danone atteint - presque - les attentes des analystes au troisième trimestre
Toutes ces décisions sont prises dans un seul objectif exprimé par le P.-D.G. Emmanuel Faber : "recoller le plus rapidement possible aux objectifs de croissance autour des 3 et 4 %". Il n'empêche que le patron de Danone est de plus en plus critiqué par ses propres administrateurs. Sont notamment mis en cause son exercice solitaire du pouvoir, le temps passé à vouloir "sauver la planète" plutôt qu'à "gérer le groupe", et l'incapacité à créer de la croissance organique - seul rempart contre une éventuelle OPA d'un géant américain. Tout cela explique le départ soudain de Francisco Camacho, au début septembre qui était considéré comme "le couteau suisse" du groupe et qui n'est toujours pas remplacé, et désormais celui de Cécile Cabanis qui avait la confiance des investisseurs et du marché.
Pour l'heure, le patron de Danone affirme se concentrer au quatrième trimestre sur la distribution et la sécurisation des marges, "le premier trimestre du prochain exercice verra la mise en œuvre des plans de développement d’un nouveau monde post-Covid dès que possible, avec notre objectif à moyen terme de croissance rentable des ventes". Des choix qui plaisent au marché puisque le cours de Bourse grimpe de 1,5 % environ à 11 heures, dans un marché en légère hausse.
Ces annonces ont été faites à l’occasion de la publication des ventes du troisième trimestre de Danone, qui ont presque atteint les prévisions de 5,9 milliards d’euros avec 5,821 milliards d’euros. En baisse de 2,5 % en données comparables par rapport au troisième trimestre 2019, elles sont une nouvelle fois tirées vers le bas par le pôle Eaux, qui se contracte de 13,5 %. Les produits laitiers et d’origine végétale gagnent eux 3,7 % en données comparables, reflétant une hausse des volumes de 4 %. Les objectifs pour 2020 ont été rétablis : une marge opérationnelle de 14 % et un free cash-flow de 1,8 milliard d’euros. En attendant, Céline Pannuti, analyste chez JP Morgan, considère le titre attrayant et le recommande à l'achat sans changer l'objectif de cours à 73 euros. Jefferies confirme aussi sa recommandation d'achat.
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