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PMI / IHS Markit
France : le secteur manufacturier contaminé à son tour
Il faut remonter au moins de juin dernier, alors que la France venait de se déconfiner, pour trouver un niveau d’activité plus faible du secteur manufacturier. De fait, ce sont les conclusions que l’on peut tirer des résultats définitifs des enquêtes auprès des directeurs d’achats (PMI) menées par le cabinet IHS Markit lors du mois de novembre. L’indice PMI est passé sous les 50 (seuil qui sépare la croissance de la contraction) en atteignant 49,6 contre 51,3 en octobre. C’est la première fois que l’activité recule depuis le mois d’août.
"La réintroduction de mesures de confinement à la fin du mois d’octobre a, sans surprise, entraîné une nouvelle détérioration de la conjoncture dans le secteur manufacturier français", avance Eliott Kerr, économiste chez IHS Markit. Dans le détail, ce recul de l’activité s’explique notamment par un retour à la baisse des nouvelles commandes, phénomène que les entreprises sondées attribuent souvent à une plus grande inquiétude de leurs clients face à l’évolution incertaine de la pandémie de Covid19. Les ventes ont ainsi reculé pour la première fois depuis quatre mois, le taux de contraction s’étant en outre redressé à son plus haut niveau depuis mai, pointe l’enquête. De plus, la moindre demande a entraîné un recul - modéré - de la production au cours du mois de novembre, le premier depuis six mois. D’autre part, conséquence directe du reconfinement, les chaînes d’approvisionnement ont quelque peu souffert le mois dernier. En effet, les délais de livraison ont affiché leur plus forte hausse depuis six mois, signe du net ralentissement de l’activité des fournisseurs.
Du côté des points moins alarmants, on notera que la contraction de l’emploi a ralenti au cours du mois, un repli modéré des effectifs dont la vitesse est la plus faible depuis quatre mois. Selon Eliot Kerr, c’est la traduction du fait que les fortes suppressions de postes effectuées lors du premier confinement ont permis aux entreprises "d’ajuster le niveau de leurs effectifs aux volumes d’activité et semblent les avoir ainsi rendues moins vulnérables aux chocs économiques". Signalons également que les perspectives d’activité à douze mois des entreprises demeurent "bien orientées" même si le degré d’optimisme se situe à "un niveau nettement inférieur à sa moyenne historique".
Demain matin seront connus les résultats définitifs des enquêtes PMI pour l'activité économique dans son ensemble (Composite) et pour le secteur des services. Le consensus s'attend à une contraction significative de l'économie hexagonale pour le mois de novembre.
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