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Janet Yellen / Sénat / Secrétaire du Trésor
Janet Yellen, la dame de fer des États-Unis
Après le chef du pentagone Lloyd Austin, la directrice du renseignement avril Haines, c’est au tour de Janet Yellen d’être confirmée lundi 25 janvier par le Sénat comme membre du gouvernement de Joe Biden, prenant la place du banquier d’affaires Steve Mnuchin qui officiait sous Donald Trump. L’ancienne présidente de la Banque centrale américaine devient la première femme à la tête du ministère de l’économie et des finances. Validée à l’unanimité par la commission des finances du Sénat vendredi dernier et soutenue par tous les anciens secrétaires du Trésor encore en vie, à 84 voix contre 15, l’économiste keynésienne de renom a été approuvée ce lundi par une large majorité de sénateurs.
Seules quelques figures républicaines ont affiché leur opposition, n’étant pas favorable à la politique budgétaire de Joe Biden que Janet Yellen soutient. La démocrate a donné son aval au plan de relance de 1.900 milliards de dollars annoncé par le président pour compenser les effets économiques de l’épidémie de coronavirus. "Il y a un consensus à présent : sans nouvelle action, nous risquons une récession plus longue et plus dure et des cicatrices sur l’économie à long terme", selon les propos tenus par l'économiste devant les sénateurs lors de son grand oral devant le Congrès.
La semaine dernière, 900.000 demandes d'allocations au chômage supplémentaires ont été signalées aux États-Unis, soit quatre fois plus que le nombre hebdomadaire moyen avant la crise. Sensible à l'impact disproportionné de la pandémie selon les milieux touchés - les communautés de couleur connaissent des taux de chômage plus élevés que le reste de la population, compris entre 9,3 et 9,9 %, contre 6 % - la dame de fer américaine ambitionne de "remettre les États-Unis sur le chemin de la croissance" en cette période trouble. La crédibilité que lui accord les deux ailes du Congrès sera précieuse dans cette entreprise.
À la tête de la Banque centrale américaine (Fed) entre 2014 et 2018 lorsque la première puissance économique mondiale sortait encore progressivement de la crise financière de 2008, elle avait maintenu les taux d'intérêts proches de zéro et largement contribué à la baisse du taux de chômage. Un nouveau tour de force est attendu de la part de l’ancienne présidente de la Réserve fédérale, qui entretient d’excellents rapports à la fois avec les membres de la Chambre et du Sénat, du fait de ses responsabilités passées. Elle travaillera en étroite relation avec Jerome Powell, actuel président de la Fed, qui met tout en œuvre depuis le début de la crise sanitaire et économique, pour stabiliser le système financier.
Autre point de sa politique sur lequel beaucoup d’espérances sont fondées : la transition énergétique qu’elle a désignée comme une priorité devant le Congrès, "Nous ne pouvons pas résoudre la crise du climat sans l’instauration effective de taxes carbones". Il y a quelques semaines, Janet Yellen, membre de l’institut Climate Leadership Council, plaidait pour l’instauration de cette taxe devant un club d’anciens banquiers, le Groupe des 30, soutenant l’intérêt économique de la réduction des émissions de carbone.
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