Macro-économie / Taux / Inflation / Etats-Unis / Fed / Janet Yellen / transitoire
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Inflation / Etats-Unis / Fed / Janet Yellen / transitoire
Incertitude sur le caractère « transitoire » de l’inflation américaine
Après deux mois de modération, l’indice des prix à la consommation américain a grimpé de 0,4 % en septembre 2021, par rapport au mois précédent. Le consensus était inférieur et s’établissait à 0,3 %. Plus de la moitié de cette hausse est due à l’alimentation et au logement. Une part importante vient aussi de l’énergie.
Sur un an, l’inflation a progressé de 5,4 %, ce qui est supérieur aux estimations qui visait plutôt 5,3 %. Nous sommes bien loin des 2 %, niveau jugé optimal par la Réserve fédérale américaine (Fed). D’ailleurs, l’inflation actuelle est au plus haut depuis 2008. Pour Jonathan Baltora, head of sovereign, inflation and FX chez AXA Investment Management, "ce chiffre confirme notre scénario d’une inflation certes transitoire, puisque ce sont des éléments volatils liés à la pandémie qui poussent les prix à la hausse, mais dont la durée est plus longue qu’attendue du fait des multiples surprises à la hausse". Si les surprises persistent, ce sera également le cas pour l’inflation, remettant en cause la théorie du caractère "transitoire" défendue par la Fed. Cette théorie a d'ailleurs été nuancée par Janet Yellen, la secrétaire au Trésor américain, mardi, lors de son interrogation sur la chaîne CBS : "Je pense que c’est transitoire, mais je ne veux pas dire que ces pressions disparaîtront dans un mois ou deux".
Les pressions mentionnées par l'ancienne présidente de la Fed sont multiples. La principale concerne les difficultés d’approvisionnement. Ils sont la conséquence de pics de contamination qui perturbent régulièrement la production d’entreprises exploitant des matières premières ou fabriquant des composants. En parallèle, la demande de produits de divertissement ou de décoration a augmenté du fait de l'incapacité des ménages à se rendre au restaurant ou au cinéma. Enfin, les sociétés peinent à recruter des manutentionnaires ou encore des chauffeurs livreurs.
Ces perturbations ont entraîné des goulots d’étranglement dans les ports américains. D’après Janet Yellen, "près de cent navires amarrés à l’extérieur des ports de Los Angeles et de Long Beach sont en attente de déchargement des marchandises". C’est pourquoi, le port de Los Angeles et le syndicat américain des dockers ont accepté de travailler davantage la nuit et les fins de semaine pour réduire les files d’attente. Le Fonds monétaire international (FMI) avait alerté mardi sur le fait que ces perturbations freinaient la croissance mondiale. Dans les minutes publiées hier soir, les responsables de la banque centrale américaine se sont inquiétés que ces difficultés "puissent durer plus longtemps et avoir des effets plus importants ou plus persistants sur les prix et les salaires qu’anticipé auparavant". Ils avouent donc leur incertitude sur la durée de l’inflation actuelle.
Concernant la flambée des prix de l’énergie, le FMI anticipe un recul à partir de la fin du premier trimestre 2022 et prévoit au niveau mondial un pic d’inflation fin 2021, avant une stabilisation d’ici le milieu de l’année prochaine.
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