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Mario Draghi / Italie
Super Mario se rend au chevet de l’Italie
"J'ai le devoir d'appeler toutes les forces politiques à soutenir un gouvernement de haut profil", a déclaré Sergio Mattarella, chef de l'État italien mardi soir, quelques instants après avoir été informé de l'échec de négociations destinées à reconduire la coalition gouvernementale sortante. Il a tenu parole et a convoqué Mario Draghi, ancien président de la Banque centrale européenne, en vue de lui proposer de former un gouvernement. Ce que l’ancien grand argentier a accepté "sous réserve", l’acceptation "sous réserve" étant la formule consacrée en Italie dans la phase de recherche d’une majorité parlementaire.
À la suite de son entretien avec Sergio Mattarella, Mario Draghi a souligné que l'Italie traversait un "moment difficile" et qu'il était confiant que "l’unité émergera des discussions avec les partis politiques et les groupes parlementaires". "Je me tournerai vers le Parlement, l'expression de la volonté populaire, avec grand respect", a-t-il déclaré. Politiquement, le chef du Parti démocrate (PD), Nicola Zingaretti, lui, se dit "ouvert au dialogue pour le bien du pays". Quant à Matteo Renzi, chef du parti Italia Viva (IV) et à l’origine de l’explosion de la coalition, il a déclaré que "toutes les personnes de bonne volonté doivent répondre à l’appel du président Mattarella et soutenir le gouvernement de Mario Draghi". En revanche, une certaine hostilité semble émaner du Mouvement 5 étoiles (M5S).
Reste qu'il est encore peu aisé de dire encore de quels soutiens réels disposera l’ancien banquier central. Néanmoins, "si l'on considère que la seule alternative possible est d'organiser de nouvelles élections - ce que plusieurs partis sont fortement incités à éviter, étant donné leur nombre au sein du parlement actuel - nous pensons qu'il est probable qu'un gouvernement Draghi sera mis en place", anticipe Nicola Nobile, chef économiste chez Oxford Economics.
En plus de la gestion de la pandémie qui a aujourd’hui fait 89.000 morts en Italie, Mario Draghi sera - s'il venait à réussir à former une coalition - principalement attendu sur le plan de relance européen. En effet, pour rappel, l’Italie mise sur un plan de plus de 200 milliards d’euros financé par l’Union européenne (EU Recovery Fund) pour relancer son économie alors qu’elle vient de voir son Produit intérieur brut plonger de 8,9 % en 2020. L’Italie doit présenter ses propositions à Bruxelles d’ici au 30 avril et ainsi expliquer comment elle compte utiliser ces fonds. "L'Italie n'a pas encore finalisé ses plans pour l'exécution du fonds de relance de l'UE, mais un gouvernement dirigé par M. Draghi pourrait faire des progrès grâce à un plan plus solide", avance Nicola Nobile.
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