Macro-économie / Taux / Déficit budgétaire / Etats-Unis / banques centrales / investisseurs
Macro-économie / Taux
Déficit budgétaire / Etats-Unis / banques centrales / investisseurs
Découvrez quels pays ont financé le gigantesque déficit budgétaire américain
La crise pandémique aura conduit la dette publique négociable américaine (hors dette publique négociable intragouvernementale) à dépasser les 20 000 milliards de dollars en 2020. Sous l'effet conjugué des divers plans de relance budgétaires et de la dégringolade des recettes fiscales, elle a crû de 4 300,6 milliards de dollars sur un an ; elle atteignait donc 20 958,5 milliards de dollars au 31 décembre 2020, d’après les données du département du Trésor des États-Unis.
Les Treasuries faisant partie des obligations souveraines les plus prisées, les investisseurs privés du reste du monde ainsi que les Banques centrales étrangères ne se sont pas fait prier pour en ajouter dans leur escarcelle. De fait, d’après les données venant d’être publiées par le Trésor, les non-résidents ont augmenté de près de 200 milliards de dollars (191,9) leur détention d’obligations du Trésor - entre décembre 2019 et décembre 2020. Environ 60 % de la hausse provient des Banques centrales, tandis que le reste est le fruit des investisseurs privés.
Dans le détail, le Japon demeure toujours en tête des créanciers des États-Unis. Avec 1 259,8 milliards de dollars, l’Archipel a ravi la première place à la Chine depuis juin 2019. En raison du recyclage aux Etats-Unis de leurs importants excédents extérieurs, les deux géants asiatiques n’ont cessé de se tirer la bourre pour occuper la plus haute marche du podium ces vingt dernières années. L’Empire du Milieu arrive donc deuxième avec 1 061,5 milliards de dollars, tandis que le Royaume-Uni finit troisième, largement derrière, avec 446,6 milliards de dollars.
Si stocks et flux racontent parfois une histoire différente, ce n’est pas tellement le cas cette fois-ci, quoique… Certes, le Japon est également le pays qui a vu sa détention de dette publique américaine le plus augmenter (hausse de 101,6 milliards de dollars sur un an) et le Royaume-Uni est juste derrière (54,5 milliards de dollars), mais c’est l’Inde qui est troisième (48,1 milliards de dollars). La Chine, quant à elle, s’est avérée vendeuse nette d’obligations américaines en 2020 (baisse de 8,4 milliards de dollars), un mouvement qui avait déjà été observé en 2018 et 2019 et que certains interprètent comme une stratégie de diversification des réserves de change de la part de la Banque centrale chinoise. Par ailleurs, on peut noter d'importants achats en provenance de la Belgique (39,3 milliards de dollars), de Taïwan (35,6 milliards de dollars) ou encore de l'Irlande (33,5 milliards de dollars) qui, rappelons-le, est le quatrième plus gros créancier des États-Unis.
Heureusement, l'Oncle Sam n'a pas eu à s'appuyer uniquement sur la demande en provenance du reste du monde pour se financer, cette dernière ayant représenté moins de 5 % des émissions nettes d'obligations du Trésor de 2020. D'après nos estimations, au travers de sa politique monétaire non conventionnelle, la Réserve fédérale américaine a couvert l'équivalent de plus de la moitié des émissions nettes (55 %), quand le reste fut absorbé essentiellement par les mutual funds (fonds commun de placement) ainsi que par les banques, les compagnies d'assurances, les fonds de pension et les investisseurs individuels.
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