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Taux - Dette Souveraine / Treasuries / Inflation / Emploi / krach boursier

Taux - Dette Souveraine
Treasuries / Inflation / Emploi / krach boursier

Hausse des taux US : menace pour les marchés actions ?

La progression des rendements du Trésor américain de 65 points de base depuis le début de l'année a entraîné une hausse de la volatilité sur les marchés actions. Si les taux américains continuent de s'apprécier, le choc boursier pourrait être violent.
NYSE - bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis
NYSE - bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis

La progression des rendements du Trésor américain a beau avoir marqué une pause hier, avec un recul de 6 points de base, la rapidité du mouvement haussier depuis le début de l'année n'en est pas moins spectaculaire. Le taux des obligations américaines à dix ans est ainsi passé de 0,915 % le 4 janvier à 1,6 % lundi, soit une hausse de plus de 65 points de base en l'espace de deux mois. La perspective d'un plan de relance américain de grande ampleur, ainsi que les nouvelles positives au sujet de la campagne de vaccination ont fait craindre aux investisseurs un retour plus rapide de l'inflation, sentiment qui a perduré jusque mi-février.

Depuis lors, le Sénat a effectivement validé le programme de soutien budgétaire de 1900 milliards de dollars, confortant les anticipations des marchés, au risque d'accroître encore leur inquiétude quant à une accélération des perspectives d'inflation. Car malgré les propos de Jerome Powell visant à rassurer les marchés quant au maintien durable de conditions monétaire ultra-accommodantes, les investisseurs redoutent que la Fed soit contrainte de remonter ses taux directeurs pour contenir la hausse des prix. "Les investisseurs se sont détournés du marché obligataire américain au cours de ces dernières semaines, comme en témoigne la forte hausse des rendements des bons du Trésor américain", expliquent ainsi les équipes de Neuflize dans une note. En conséquence, le prix des obligations, qui évolue habituellement en sens inverse du rendement, a chuté. Une situation qui résulte d'un "flux de trop bonnes nouvelles économiques, suscitant des inquiétudes d'un retour précoce de l'inflation", poursuivent-elles.

Faut-il pour autant s'attendre à un effondrement des marchés actions d'ici quelques semaines, en raison de prises de bénéfices massives des investisseurs ? Les avis divergent sur le sujet. Certes, la volatilité sur les Bourses s'est accrue depuis la mi-février, les investisseurs procédant à des rééquilibrages au sein de leurs portefeuilles au profit de valeurs cycliques et décotées et au détriment des valeurs de croissance. L'évolution de ces dernières est effectivement très liée à celle de l'inflation et des taux d'intérêt : "la valeur actuelle des bénéfices futurs de ce type de valeurs baisse lorsque les taux remontent", explique ainsi un gérant de portefeuille. "Les perspectives de retour de l'inflation alimentent une nette surperformance des valeurs cycliques et décotées. En Europe, les deux secteurs les plus performants depuis le début de l'année sont les matières premières et les services financiers", expliquent encore les gérants de Neuflize. Les valeurs de l'énergie et de la consommation cyclique ont aussi affiché de fortes progressions, tandis que les services aux collectivités, l'immobilier ou la pharmacie ont été les plus impactés par la hausse des taux longs.

Mais la plupart des stratégistes estiment que les rendements américains de long terme devraient finir par baisser au second semestre une fois que les investisseurs auront compris que le retour de l'inflation n'est pas imminent. Une hausse durable des prix ne pourra en effet avoir lieu tant que le marché du travail américain n'aura pas retrouvé ses niveaux de pré-pandémie, ce qui, pourrait prendre deux à trois ans. Rappelons que 10 millions d'emplois aux États-Unis ont été détruits par rapport à la période pré-Covid. Et même si l'OCDE estime que le plan de 1900 milliards de dollars devrait permettre de créer 2,5 à 3 millions d'emplois d'ici la fin de l'année, la nature temporaire des mesures de soutien devrait rapidement estomper l'impact du plan sur le marché du travail l'an prochain. Ce contexte de ralentissement de l'inflation devrait permettre à la Réserve fédérale de poursuivre sa politique accommodante et la volatilité sur les marchés actions se détendre.

Cependant d'autres stratégistes, plus pessimistes estiment que le niveau actuel de valorisation des actifs financiers a été enflé par les pratiques monétaires ces dernières années. Et que la Fed ne pourra pas empêcher un retournement des valeurs les plus sensibles aux injections de liquidités, et en particulier les technologiques. "Nul n’est besoin de considérer les résultats des entreprises du secteur ni même l’évolution des taux d’intérêt pour trouver l’origine de leur valorisation. Une simple régression du Nasdaq composite par rapport à l’évolution du bilan de la FED, et à un indicateur du climat des affaires économiques (l’ISM manufacturier) permet de capturer l’essentiel des oscillations du Nasdaq des dix dernières années, complétée des anticipations d’inflation implicites des marchés à 10 ans. Les résultats sont suffisamment probants pour montrer à quel point le Nasdaq est dépendant de l’action de la banque centrale", explique ainsi Véronique Riches-Flores dans une note. Or selon elle, cette approche sur l’évolution du Nasdaq pour le reste de l’année à conditions inchangées de croissance du bilan de la FED au rythme actuel de 120 milliards par mois par mois, permet d'anticiper un net reflux de l’indice phare des valeurs technologiques. Selon ces projections, l’indice n’afficherait plus qu’une progression de 20% en fin d’année par rapport à la fin de l’année dernière, ce qui correspondrait à une perte d’environ 20% par rapport à ses niveaux présents. Un mini krach de l'indice technologique américain est donc à prévoir selon elle. 

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