Politique économique / endettement / collectivités / Dépense publique
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Les finances des collectivités locales sous pression
Les collectivités françaises aussi elles ont subi de plein fouet les conséquences économiques de la crise sanitaire l'an dernier, avec moins de rentrées fiscales et une mise à contribution de leurs portefeuilles pour soutenir leur économie locale. Ainsi, le niveau d'épargne des territoires a baissé l'an dernier en raison de la baisse du produit de certains impôts, dont la TVA et des exonérations de certaines taxes locales, pour soutenir les ménages, passant de 16,5% de leurs recettes de fonctionnement en 2019, à 15% en 2020. Et la pandémie devrait continuer d'affecter les finances publiques des territoires à moyen terme, si l'on en croit une étude publiée aujourd'hui par S&P sur le sujet. Selon l'agence, la dette des collectivités locales françaises pourrait donc dépasser les 155 milliards d'euros cette année, contre 150 milliards fin 2018. Explications.
Tout d'abord, l'agence estime que l'épargne brute des collectivités locales devrait poursuivre sa baisse durant les deux prochaines années, pour atteindre 14% en moyenne de leurs recettes de fonctionnement en 2021-2022. Cette baisse de l'épargne des territoires résultera d'une part de la hausse des dépenses de fonctionnement : elles devraient ainsi progresser de 1,4% par an en 2021-2022, dépassant l'objectif de 1,2% initialement fixé par le gouvernement avant la crise. D'autre part, selon S&P, les collectivités joueront un rôle prépondérant dans le plan de relance du gouvernement. Les territoires réalisent en effet en moyenne 60% des investissements publics et ceux-ci représentant 24% de leurs dépenses lors de périodes normales. Du coup, selon les estimations de S&P, ces dépenses liées à la relance et au financement de mesures sociales devraient atteindre 57 milliards cette année et l'an prochain.
Pour les financer, les collectivités devront donc accroître leurs besoins de financements, qui s'élèveront à 1,1% des recettes moyennes en 2021 et 2022. "Le recours à l'emprunt sera largement supérieur au remboursement de la dette jusqu'en 2022", estime ainsi l'agence. Les emprunts, qui ont atteint 13,6 milliards en 2019, puis 15,6 milliards l'an passé du fait de l'épidémie, devraient ainsi grimper à hauteur de 16 milliards par an en 2021 et 2022. Sur les 15,6 milliards empruntés l'an dernier, 3,9 milliards ont été financés par des émissions d'obligations (soit trois fois plus qu'en 2019), les collectivités ayant profité de conditions de marchés très attractives et d'une liquidité abondante. A noter cependant que ces émissions restent dominées par certains territoires : sur les 36 5000 collectivités que compte l'Hexagone, seules 24 ont eu recours au marché obligataire. Et sans surprise, les deux plus importantes en termes d'émission ont été réalisées par la ville de Paris et la région île de France (44% du total), qui concentre la majorité de la population et des besoins liés à la crise. Le reste du financement aux collectivités a été apporté par la CDC, la BEI et les banques commerciales, précise S&P.
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