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Macro-économie / Taux / faillites / Fitch Rating / PME

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faillites / Fitch Rating / PME

Le retour de bâton des aides aux PME

Jusqu'à présent, les entreprises ont été artificiellement maintenues en vie de sorte que le nombre de dépôts de bilan à l'échelle mondiale en 2020 est resté stable sinon en deçà de son niveau d'avant crise. Mais cela ne durera pas.
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration
Chapter 11 - faillite - US - Etats-Unis - illustration

Jusqu’à présent le volume de faillites est bien inférieur à ce qu’il avait été lors des récessions passées : dans la plupart des pays, le nombre de dépôts de bilan est resté stable par rapport à 2019 selon le rapport publié jeudi dernier par l'agence Fitch Rating. En France, il s’est même abaissé de 39 %, un repli réparti de manière égale dans tous les secteurs selon la Banque de France. De manière similaire, au Royaume-Uni, les faillites d’entreprises ont fortement diminué entre le premier trimestre et le troisième trimestre de l'année 2020.

Les mesures de soutien financier de la part de l'État qui diffèrent selon les pays, parfois directes (octroi de prêts, de fonds propres), parfois indirectes (suspension du prélèvement de l’impôt), jointes aux délais supplémentaires accordés pour déposer son bilan en cas de faillite ont eu l’effet escompté : celui de sauver artificiellement les acteurs du secteur privé. D’autres éléments plus difficiles à identifier expliquent ce nombre anormalement bas de dépôts de bilan : à titre illustratif, dans le cas de la France, la fermeture des tribunaux lors du premier confinement a contribué à la baisse du nombre de faillites a estimé la Banque de France.

Mais l’agence de notation Fitch Rating estime que les faillites des entreprises augmenteront à mesure que les mesures de soutien seront retirées, soit au cours des années 2021 et 2022. Les petites et moyennes entreprises (PME) seront les premières en ligne préconise l’agence qui observe que, aux États-Unis, les demandes de liquidation en vertu du chapitre 7 – pratique plus répandue chez les PME que les grandes entreprises selon les analystes américains – ont diminué, laissant présager un rebond à venir pour ce type d'entreprises. Ces faillites provoqueront une hausse du nombre de créances douteuses des banques, qui devraient atteindre un pic sur la même période. Cela provoquera un resserrement des conditions de crédit, ce qui devrait ralentir la reprise.

Mais cette hausse du nombre de faillites par rapport à l’année 2020 devrait demeurer bien en dessous de ce qui avait été observé lors des crises précédentes, et ce pour plusieurs raisons. La crise actuelle touche une gamme plus restreinte de secteurs - certains secteurs en bénéficient même -, les aides du gouvernement ont été plus généreuses, et les conditions de financement, soit les faibles taux d’intérêt, – grâce aux mesures d’assouplissement quantitatif des banques centrales estimées au total à 5 000 milliards de dollars en 2020 - ont permis aux entreprises en bonne santé avant la crise de se constituer des réserves de trésorerie suffisante – repoussant ainsi l’échéance de leur dette - pour la traverser sans peine, ce qui n’a pas toujours été rendu possible au cours de précédentes crises. Si bien que le nombre de faillite devrait se limiter à deux tiers ou même un tiers de celui de la dernière crise financière.

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