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Macro-économie / Taux / Banques américaines / Etats-Unis / Fed / faillites / taux d'intérêt

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krach États-Unis : pourquoi des déposants prennent leurs jambes à leur cou / La panique liée aux faillites n’est pas la seule explication

KRACH BANCAIRE. Entre le déclenchement de la faillite de SVB et la mi-mars, 500 milliards de dollars se sont évaporés des banques américaines les plus vulnérables, selon une étude. La crainte de perdre leurs fonds liée à l’absence d’assurance au-delà de 250.000 dollars ne serait pas la seule motivation des déposants.
Janet Yellen, secrétaire au Trésor - Lenin Nolly/ZUMA Press/ZUMA/REA
Janet Yellen, secrétaire au Trésor - Lenin Nolly/ZUMA Press/ZUMA/REA

Cinq cents milliards de dollars. C’est la somme que les déposants ont retiré des banques américaines les plus vulnérables entre le déclenchement de la faillite de Silicon Valley Bank et le 15 mars, selon les analystes de JP Morgan. Pour mémoire, les banques commerciales de l’Oncle Sam abritent pour 17 500 milliards de dollars de dépôts. Évidemment, l’un des facteurs expliquant ces transferts de fonds (pour partie vers des banques plus grosses) est l’absence d’assurance associée à leurs dépôts.

En effet, en cas de faillite d’une banque, seuls les dépôts inférieurs à 250 000 dollars sont assurés, si bien que 40 % des dépôts ne sont pas assurés outre-Atlantique. Les institutions américaines (dont la Fed et le Trésor) se sont accordées pour suspendre ce plafond dans le cadre des faillites de Signature Bank et Silicon Valley Bank, protégeant ainsi les déposants des deux banques et tentant de prévenir d’autres bank-run, en invoquant le "risque systémique".

Alors que le bruit courrait que l’exécutif américain réfléchissait à garantir l’ensemble des dépôts des banques américaines, Janet Yellen, secrétaire au Trésor, a déclaré ne pas l’avoir "envisagé ou discuté de quoi que ce soit en rapport". "Tout ce que j’ai dit, c’est que lorsque la faillite d’une banque est jugée par la supermajorité du conseil du Fonds de garantie des dépôts, du conseil de la Fed et de moi-même en consultation avec le président… comme créant un risque systémique, que je considère comme le risque d’une ruée contagieuse sur les banques, nous sommes susceptibles d’invoquer l’exception relative au risque systémique, qui permet à la FDIC de protéger l’ensemble des déposants. Il s’agirait d’une décision au cas par cas", a-t-elle indiqué, à l’occasion de son audition au Sénat il y a quelques jours.

Il s’agirait en effet d’une décision hautement fondamentale, qui changerait structurellement le métier de banquier en dopant l’aléa moral. "Ne vous y trompez pas : les dirigeants des banques seraient incités à prendre beaucoup plus de risques", expliquait ainsi, hier, Takatoshi Ito, ancien vice-ministre des Finances du Japon, dans une tribune pour le Project Syndicate.

 

Accalmie sur les retraits ?

 

Chez Oxford Economics, l’on pense que le plus gros de l’hémorragie est passé. "La baisse des dépôts était probablement une réaction spontanée à la nouvelle de l’effondrement des banques, de sorte que le pire devrait être derrière nous. Les banques font constamment faillite aux États-Unis - la première année où il n’y a pas eu de faillite bancaire a été 2005 ", souligne Ryan Sweet, chef économiste au sein du cabinet britannique. C’est le message qu’a envoyé Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa dernière conférence de presse. "Les flux de dépôts dans le système bancaire se sont stabilisés au cours de la semaine dernière", a déclaré l’Américain le 22 mars.

Cela semble être corroboré par les informations auxquelles a eu accès CNBC. La chaîne de télévision américaine affirmant que l’afflux de dépôts des petites banques vers les grandes institutions telles que JPMorgan et Wells Fargo a ralenti. "Les personnes qui ont paniqué ont sorti leur argent tout de suite", a déclaré la source du média américain, jugeant que "si vous n’avez pas encore pris votre décision, vous allez probablement rester là où vous êtes".

 

Fonds monétaires

 

Il convient de noter que les craintes liées aux faillites bancaires ne seraient pas la seule raison derrière le comportement des déposants. La politique monétaire menée par la Banque centrale américaine n'y serait pas pour rien dans la disparition de 1 100 milliards de dollars de dépôts au cours de ces douze derniers mois. "Les hausses de taux de la Fed ont augmenté l’avantage de rendement des fonds monétaires gouvernementaux, étant donné que l’essentiel de leurs investissements est constitué de prises en pension inversées de la Fed et de bons du Trésor, qui suivent tous deux de près le taux directeur de la Banque centrale ", font remarquer les analystes de JP Morgan.

Bien que les fonds du marché monétaire ne soient pas garantis, "ils investissent dans les instruments les plus sûrs et les plus liquides, à savoir les prises en pension inversées de la Fed, les bons du Trésor et les titres d’agences, y compris les obligations des banques régionales parapubliques, qui bénéficient d’une garantie implicite de l’État. En d’autres termes, non seulement les fonds du marché monétaire offrent des rendements supérieurs, mais ils semblent également plus sûrs que les dépôts bancaires non assurés", estiment-ils, jugeant ainsi qu’il faudrait que les banques proposent des taux plus compétitifs si elles veulent enrayer cette baisse des dépôts, ce qui deviendrait encore plus compliqué si les hausses de taux de la Fed se poursuivaient.

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