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Les banques américaines se préparent à la tempête / Elles ont passé de nouvelles provisions au troisième trimestre
Les grandes banques américaines s’inquiètent de la tempête économique à venir et s’y préparent, sans que leurs résultats n’en portent encore vraiment les signes. En donnant vendredi le coup d’envoi de la saison des résultats du troisième trimestre vendredi, JPMorgan a soufflé le chaud et le froid, tandis que ses consoeurs Wells Fargo, Citi et Morgan Stanley connaissaient des fortunes diverses, avec des performances pas toujours au rendez-vous des attentes.
Toutes ont enregistré un recul marqué de leurs bénéfices sur le trimestre écoulé. JPMorgan a vu son résultat net diminuer de 17%, à 9,7 milliards de dollars, soit 3,12 dollars par action, mais dépassant les attentes des analystes. Les résultats de Citigroup ont également surpris favorablement. De même, Bank of America a publié lundi des résultats en baisse mais supérieurs aux attentes au titre du troisième trimestre. La deuxième banque américaine a vu son bénéfice net reculer de moins de 10%, à 6,58 milliards de dollars, tandis que son produit net bancaire a progressé de 8% à 24,5 milliards de dollars, au-dessus des estimations du consensus des analystes.
En revanche, le tableau s’est avéré moins positif chez Wells Fargo, qui a dégagé un résultat net de 3,53 milliards de dollars, en baisse de 31%, plombé par une provision de 2 milliards de dollars supplémentaires visant à clore différentes poursuites réglementaires et juridiques héritées du passé. Tandis que la principale déception est venue de Morgan Stanley dont le bénéfice net de 2,63 milliards de dollars, en recul de 29%, et le produit net bancaire de 13 milliards d’euros, en baisse de 12%, sont ressortis chacun en deçà des anticipations de Wall Street.
"Vents contraires"
Point commun à l’ensemble des établissements : la chute de leur activité en banque d’investissement sous l’effet de l'arrêt des transactions et des introductions en bourse. Les revenus de la banque d’investissement de Morgan Stanley, y compris les frais de fusions et d'acquisitions, ont chuté de 55% à 1,3 milliard de dollars. Même tendance chez JPMorgan, où les revenus de la banque d'investissement ont chuté de 47% tandis que ceux de Citigroupe se sont effondrés 64 %.
Une partie de ce manque à gagner a toutefois été compensée par des augmentations à deux chiffres des revenus nets d'intérêts, reflétant l'effet de la hausse des taux d'intérêt. Car s’ils font peser un risque de récession sur l’économie, ces taux plus élevés liés au resserrement rapide de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine aident aussi les banques. Les revenus nets d'intérêts de Bank of America ont notamment grimpé de 24%, s’élevant à 13,8 milliards de dollars, au plus haut de plus d'une décennie. Ceux de JPMorgan ont bondi de 34 % par rapport à l'année dernière, pour atteindre 17,6 milliards de dollars.
La deuxième très grande similitude entre tous ces résultats porte sur les provisions passées pour couvrir de potentielles pertes sur les prêts accordées par les banques. Si l’an dernier, la plupart d’entre elles avaient pu libérer une partie des provisions passées pour se prémunir de l’impact de la crise sanitaire, le mouvement s’est inversé avec le fort accroissement de l’incertitude économique. Vendredi, JP Morgan, Well Fargo et Citi ont mis de côté un montant combiné de 1,56 milliard de dollars pour se couvrir contre d'éventuelles créances douteuses.
Jamie Dimon, le très écouté patron de JPMorgan, avait averti il y a une semaine sur l’antenne de CNBC du risque de récession dans laquelle l’économie américaine pourrait tomber dans six à neuf mois. Il a réitéré vendredi sa prudence, rappelant que même si sa banque est solide, l'économie devait encore faire face à d’importants "vents contraires". "Nous restons toujours vigilants et sommes préparés à de mauvais résultats", a-t-il déclaré.
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