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Banques / résultats semestriels / Banques américaines / M&A / JP Morgan / Morgan Stanley / Citigroup / Etats-Unis / Inflation / Crise russo-ukrainienne

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résultats semestriels / Banques américaines / M&A / JP Morgan / Morgan Stanley / Citigroup / Etats-Unis / Inflation / Crise russo-ukrainienne

Les banques américaines jouent la sécurité

Dans un contexte économique incertain et sans toutefois être très inquiètes, les plus grandes banques américaines réexaminent leurs plans de dépenses et d’investissements. Surtout, elles préfèrent anticiper une potentielle crise des marchés à l'automne en amputant leurs résultats de provisions financières.
Quartier des affaires, New York  (Credit Image: © Stephen Shaver/ZUMA Press Wire)
Quartier des affaires, New York (Credit Image: © Stephen Shaver/ZUMA Press Wire)

Mieux vaut prévenir que guérir. Souvent scrutées par les analystes pour prédire l’avenir financier de l’Europe, les banques américaines ont ouvert, la semaine dernière, le bal de la saison des résultats trimestriels.

Et dans un contexte d’inflation, de resserrements monétaires, d’incertitudes dues notamment au conflit russo-ukrainien et de reprise pandémique, des comportements intéressants sont observés. Quasiment toutes font preuve de précaution sans pour autant craindre un effondrement de l’économie à venir.

 

Des résultats décevants

 

Il faut dire que leurs résultats financiers du deuxième trimestre ne sont pas bons.

Certaines ont certes réussi à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de Citigroup, par exemple, dont le bénéfice a reculé de 27% à 4,5 milliards de dollars mais qui a vu son chiffre d’affaires progresser de 11% à 19,6 milliards de dollars. Une hausse obtenue grâce à la remontée du taux directeur engagée depuis mars dernier par la Réserve fédérale américaine (la Fed) (trois relèvements successifs passant d’un taux situé entre 0 à 0,25% précédemment à 1,5 et 1,75% aujourd’hui) qui a fait grimper ses revenus nets d’intérêts (différence entre les intérêts que la banque gagne sur les prêts accordés à ses clients et ceux qu’elle verse aux épargnants) et notamment sur son activité de courtage.

Même chose chez Bank of America dont les revenus nets d’intérêt ont bondi de 22%, soit 2,2 milliards d’euros pour atteindre 12,4 milliards de dollars quand son bénéfice net a chuté de 34%.

Mais ce n’est pas le cas de toutes les grandes banques américaines. le bénéfice de Wells Fargo, par exemple, a reculé de 48% à 3,1 milliards de dollars. "Les revenus ont fortement baissé chez Wells Fargo, Goldman Sachs et Morgan Stanley. La croissance pour deuxième trimestre est faible ou proche de zéro pour les trois autres grandes banques", constate pour WanSquare Nicolas Darbo, associé chez Accuracy, cabinet de conseil en finance et stratégie.

 

Des activités de M&A lourdement impactées

 

"Les taux sont remontés et les marchés ont fortement baissé : le contexte économique n’est pas porteur pour les introductions en bourse ou pour les deals de fusions-acquisitions, ce qui a pour conséquence une chute des activités d’investment banking de 50% voire 60%", précise Nicolas Darbo.

Alors que les grandes banques d’investissement américaines avaient, ces dernières années, augmenté leurs bénéfices grâce à une dynamique des marchés de capitaux et des fusions et acquisitions favorisées par des taux d’intérêt bas, l’appétit pour le M&A a mécaniquement été freiné par le relèvement du taux directeur de la Fed pour contrer l’inflation.

Une situation qui a particulièrement pénalisé Morgan Stanley qui a vu son bénéfice reculer à 2,4 milliards de dollars et fait état d’une chute de 55% des revenus de la banque d’investissement à 1,1 milliard de dollars.

Mais elle n’est pas la seule : Citigroup a perdu 46% de ses revenus sur cette activité à 805 millions de dollars au cours du trimestre alors que Bank of America a enregistré une baisse de 47% de ses commissions pour atteindre 1,1 milliard de dollars au cours du trimestre.

Sans parler de Goldman Sachs, considérée comme le leader mondial de la banque d’affaires, qui a dégagé un profit de près de 3 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit une baisse de 48%, en raison notamment d’une perte de 41% des revenus sur ses activités de banque d’investissement à 2,14 milliards de dollars.

Rien d’inquiétant toutefois selon les spécialistes : "Les activités de M&A sont par nature cycliques. Le fait qu’il y ait un ralentissement n’est pas forcément une mauvaise chose, d’autant plus que l’année dernière avait été la meilleure depuis 2007 ", tient à rassurer le conseiller financier.

 

Des coussins de précaution

 

Cependant, préférant se montrer prudentes, les banques américaines ont annoncé réduire leur exposition aux risques. "Compte tenu des possibilités de récession de l’économie mondiale, qui font craindre à un accroissement des défauts, les banques ont passé de nouvelles provisions pour prévenir de futures pertes potentielles ", observe Nicolas Darbo.

Ainsi, JPMorgan Chase et Citigroup, par exemple, ont décidé de suspendre temporairement leurs programmes de rachats d’actions afin de renforcer leur bilan si la situation économique devait empirer.

Surtout, les grands établissements bancaires regonflent désormais leur coussin de précaution, sans pour autant revenir aux niveaux pandémiques, époque à laquelle les banques réservaient des milliards. "Si on reprend la chronologie depuis le début de la crise sanitaire, en 2020, les banques ont passé énormément de provisions pour risques. A cette époque, environ 35 milliards de dollars avaient été provisionnés par les six grandes banques américaines rien que pour le deuxième trimestre 2020. En 2021, avec la reprise économique, elles ont repris une partie de ces provisions pour environ 10 milliards de dollars. Aujourd’hui, elles repartent à nouveau dans l’autre sens, considérant effectivement que l’économie va sans doute se dégrader ", analyse le conseiller financier.

JPMorgan Chase a ainsi annoncé provisionner "seulement" 1,1 milliard de dollars (657 millions pour faire face aux prêts non remboursés et 428 millions de nouvelles réserves, d’où un bénéfice en recul de 28% au deuxième trimestre sur un an à 8,6 milliards de dollars) et Wells Fargo & Co 580 millions de dollars. Citigroup se réserve quant à elle 375 millions de dollars.

Une logique non suivie toutefois par Bank Of America qui a au contraire diminué ses réserves en libérant 48 millions de dollars au cours du trimestre.

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