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Des prix de l’énergie pires que le Covid pour les ETI

L'envolée des prix de l'énergie et des matières premières percute de plein fouet les entreprises de taille intermédiaire. Si ces dernières veulent encore rester confiantes, elles anticipent déjà une explosion de leurs factures d'ici 2023, ce qui pourrait bien les contraindre à revoir leurs projets d'investissements. 
La moitié des ETI anticipe une augmentation de leur facture énergétique de plus de 50% cette année par rapport à 2021 et de plus de 100% en 2023. (©Michel GAILLARD/REA)
La moitié des ETI anticipe une augmentation de leur facture énergétique de plus de 50% cette année par rapport à 2021 et de plus de 100% en 2023. (©Michel GAILLARD/REA)

Alors qu’elles s’étaient montrées résilientes pendant la crise sanitaire et envisageaient leur relance avec sérénité, le contexte économique actuel pèse sur les entreprises françaises de taille intermédiaires (ETI). Les tensions sur l’offre (hausse des prix, pénuries, manque de main-d’œuvre) concernent en effet plus de 9 ETI sur 10 et ont un impact fort ou modéré sur les activités, leur trésorerie et leur rentabilité, selon le nouveau baromètre Palatine-METI réalisé auprès de 1200 entreprises membres.

Dans le détail, 73% de cette catégorie de sociétés se déclarent très touchées par la hausse des prix des matières premières tandis que 70% sont affectées par celles des prix d’énergie. Résultat : plus de 44% des ETI ont connu une dégradation de leur trésorerie sur un an et 30% du panel a vu leur rentabilité d’exploitation baisser au cours du premier semestre. "L’inquiétude domine au sein des ETI en cette rentrée (…). L’accumulation des tensions sur l’offre avec, en particulier, l’explosion des prix de l’énergie dégrade autant la situation financière que les perspectives des entreprises, avec une forte pression sur les marges", constate Frédéric Coirier, président-directeur général du groupe Poujoulat et co-président du METI.

Les prix de l’énergie restent d’ailleurs la principale source d’inquiétude des ETI : alors que plus d’une sur trois a, aujourd’hui, une facture énergétique égale ou supérieure à 3% de son chiffre d’affaires, la moitié du panel interrogé anticipe une augmentation de sa facture énergétique de plus de 50% cette année par rapport à 2021 et de plus de 100% en 2023. Et malheureusement, uniquement 9% des ETI concernées auront la capacité de répercuter totalement ces hausses sur leurs prix de vente, selon le baromètre.

Sans compter que cette explosion des factures énergétiques pourrait, pour 7 entreprises de taille intermédiaires sur 10, entraîner une baisse de leurs projets d’investissements. Pire, si la crise devait perdurer dans le temps, plus de 53% de ces entreprises françaises seront contraintes à diminuer leur activité, voire pour 7% à l’arrêter complètement.

En conséquence, le recours pour tout ou partie aux lignes de crédit court terme a inéluctablement augmenté selon le baromètre, passant ainsi de 30,6% en juin à 43,2% aujourd’hui. Et l’endettement suit la même tendance : la part d’entreprises de taille intermédiaire affichant une dégradation de leur endettement net total sur un an s’élève à 31,6% (contre 23,3% en juin). Elles sont en outre désormais 40% à avoir utilisé leur prêt garanti par l’État à 75%, pour celles qui en ont obtenu un durant la crise sanitaire.

Pour l’heure, les ETI veulent se montrer encore confiantes. Il faut dire que 74% des ETI font état d’un chiffre d’affaires en amélioration du deuxième trimestre 2022 sur un an. Leurs projets d’investissements sont donc pour le moment maintenus en 2022. Les deux-tiers ont même au moins un projet de croissance organique cette année (financé par ressources propres pour 57% d’entre elles) tandis que plus de 55% ont au moins un projet de croissance externe, financé quant à lui par l’endettement pour la grande majorité de ces entreprises.

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