Macro-économie / Taux / Fitch Rating / Agence de notation / France
Macro-économie / Taux
Fitch Rating / Agence de notation / France
La réforme des retraites n’a pas sauvé la note de la France / Fitch Ratings pointe du doigt une dette en hausse et des recettes incertaines
Un État qui souffre de la comparaison. L’agence de notation américaine Fitch Ratings estime en effet que pour la France " les paramètres budgétaires sont plus faibles que ceux des pays pairs" et a choisi de dégrader sa note en conséquence. L’argumentaire déployé pour justifier cette décision estime que certes le " programme de stabilité récemment présenté par le gouvernement est plus ambitieux que le programme prévisionnel et vise à poursuivre une consolidation lente", cependant "il est basé sur des prévisions de croissance économique plus fortes que celles de Fitch".
Un modèle décrié
Au-delà de ce moindre optimisme, les analystes de l’agence de notation désavouent le modèle hexagonal ; la rigidité des dépenses ainsi que la "trajectoire incertaine des recettes " sont aussi de mauvais augure à leurs yeux. La réforme des retraites n’est qu’une goutte d’eau et ils estiment qu’à moyen et long terme ce changement "sera modérément positif, générant des économies brutes annuelles de 17,7 milliards d’euros d’ici à 2030 (0,6 % du PIB) ".
Le modèle hexagonal est également selon eux empêtré, à court terme, avec près d’un " tiers des dépenses [qui] sont indexées sur l’inflation (y compris les pensions et les prestations sociales)".
D’autant plus qu’ils estiment que " les bonnes performances récentes pourraient être au moins partiellement dues à des facteurs temporaires, notamment le rebond économique et l’inflation élevée ". Compilé à une dette publique qui équivalait à 111,6 % du PIB à la fin de l’année 2022, "soit la plus élevée des États souverains notés "AA" et plus du double de la médiane "AA", qui est de 48,4 %", cela a contribué à appuyer la dégradation de la note hexagonale.
Là et pour longtemps
Selon les prévisions de Fitch Ratings, la dette des administrations publiques n’est pas près de diminuer et au contraire " devrait augmenter régulièrement pour atteindre 114,3 % du PIB à la fin de l’année 2027, soit environ 17 points de pourcentage de plus que le niveau d’avant la pandémie". Il faudra donc en faire beaucoup plus côté français et ce d’autant plus que " l’assainissement budgétaire au cours des années précédant la pandémie a été faible, malgré une période de croissance plus forte".
Des analystes qui ont du mal à croire dans la capacité du pays à réduire sa dette, que "la plupart des mesures d’assainissement visant à atteindre les objectifs de dépenses réelles à moyen terme doivent encore être précisées".
Une des caractéristiques hexagonales qui ne joue pas en sa faveur se situe dans le fait que " malgré une échéance moyenne longue de la dette négociable (8,4 ans en mars 2023), une part relativement élevée de la dette publique (15 % de la dette publique totale) arrivera à échéance dans les 12 prochains mois". En conséquence, il est anticipé que "les paiements d’intérêts atteindront 4 % des revenus d’ici 2024, alors que la médiane "AA" est de 2,9 %".
La porte à "une action de notation positive ou à un relèvement de la note " reste cependant ouverte, en particulier dans le cas où le ratio dette publique/PIB diminuerait à moyen et long terme ou dans l’éventualité d’une " amélioration des perspectives de croissance à moyen terme, en particulier si elles sont soutenues par des réformes structurelles efficaces et des gains de compétitivité".
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