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Macro-économie / Taux / Fitch Rating / Récession / Inflation

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Fitch Rating / Récession / Inflation

L'année de la récession ? / Les économies avancées vont devoir faire le dos rond

Parmi les 339 secteurs pour lesquels Fitch Ratings a établi des perspectives de performance pour 2023, 47 % sont qualifiés comme étant en détérioration. Leurs principaux facteurs de crédit devraient ainsi se dégrader relativement à ceux enregistrés en 2022. Un changement majeur rapporté au début du second semestre 2022 et à la fin 2021, cette catégorie des perspectives sectorielles ne représentait respectivement que 12 % et 5 %.
Faillite. Francois HENRY/REA
Faillite. Francois HENRY/REA

La question n’est pas de savoir si des récessions se produiront en 2023, mais davantage l’ampleur et le lieu de celles-ci. Fitch Ratings va dans ce sens au travers de ses publications de ces derniers jours, estimant que "des récessions frapperont les grandes économies, avec une hausse sensible du chômage et une contraction de la demande ".

Le groupe américain table effectivement sur un environnement économique durablement modifié, avançant qu’un "retour à l'assouplissement des banques centrales ne fait pas partie de notre scénario de base, et un retour à des taux d'inflation plus "normaux" d'ici la fin de l'année est peu probable." Une mauvaise passe à venir qui est à distinguer des attentes de Fitch Ratings en termes de notation ; en effet "les perspectives de notation au niveau du portefeuille sont globalement stables et conformes aux moyennes historiques." Ce sera surtout les améliorations des notations des deux dernières années qui vont commencer à se dissiper en 2023.

 

Les hommes malades sont en Europe

 

Les économies avancées vont donc devoir courber l’échine en 2023 et le Vieux continent ne sera ainsi épargné. L’agence de notation américaine allant jusqu’à avancer "que les perspectives et les risques pour 2023 y sont parmi les plus vulnérables de toutes les régions." Ce qui n’empêche la fragmentation de la zone euro d’être à nouveau de rigueur;  l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Italie étant cité comme "les principaux contre performants en matière de croissance en Europe occidentale."

D’un point de vue sectoriel, ce sont "les secteurs procycliques, les secteurs liés à la consommation, les services financiers en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie et en Europe centrale et de l’Est" qui seront le plus touchés. Tout comme le seront les gouvernements locaux et régionaux et la performance des actifs financiers structurés. Une dynamique qui n’est pas uniquement liée aux évènements récents, puisque Fitch Ratings rappelle qu’en ce qui concerne "les banques d'Europe développée et émergente, le nombre de perspectives négatives n'a cessé de diminuer depuis 2020."

Les équipes du géant américain estiment même que c’est davantage "les points de tension financière [qui] seront exposés", et que les risques liés à la crise de l'énergie et de l'inflation ne seraient quant à eux " pas encore pleinement manifestés."

 

Au milieu du gué

 

Le Vieux continent ne sera pas le seul à souffrir dans le monde, la crise immobilière durable en Chine et les conséquences de la politique Zéro covid de l'Empire du Milieu ne vont pas disparaître du jour au lendemain. De fait les impacts associés à ces deux phénomènes sont qualifiés comme pouvant être "importants" tout en ayant une probabilité d' occurrence modérée. Les équipes de Fitch Ratings, à l’occasion d’une conférence à Paris, ont également souligné le rôle ambivalent de la Chine ; Brian Coulton, chef économiste chez Fitch Ratings, estimant que l’arrêt des restrictions sanitaires chinoises serait "positif pour la croissance de la demande mais pourrait être inflationniste ".

Ed Parker, le responsable des notations souveraines de la région EMEA pour Fitch Ratings, a relativisé le rôle de chevalier blanc de la Chine. Il estime que le découplage avec les États-Unis va continuer à produire des effets délétères qu’ils soient dus aux modifications des chaînes d’approvisionnement, aux tensions avec Taïwan ou autre. Tout en appelant à ne pas négliger les grandes difficultés que rencontrent certains pays émergents, confrontés à une possible stagflation qui leur serait particulièrement néfaste.

 

Retour sous les projecteurs

 

Ed Parker a également ajouté que concernant le cas hexagonal que la question de la dette publique ne l'inquiète pas outre mesure. Pendant que d’autres pays souffrent bien davantage, obligeant le Fonds monétaire international (FMI) à intervenir bien plus que de coutume notamment en raison "d’un dollar qui demeure très haut". Le nombre de programmes de financement déployés par le FMI en 2022 est plus important que ceux de l’année référence qu’est 2019. Nombre de pays ont à la fois un compte courant et un solde budgétaire qui sont largement déficitaires. Et non des moindres puisqu’on y trouve le Royaume-Uni.

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