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S&P Global relève la note de la Grèce
L’on pouvait s’y attendre, l’annonce de S&P Global de relever d’un cran (de BB- à BB) la note souveraine grecque à long terme a été chaudement accueillie. Le ministre grec des Finances, Christos Staïkouras, s’est félicité de cette nouvelle "extrêmement importante et positive pour l’économie" du pays. L’agence de notation "relève que l’économie grecque a désormais des perspectives de croissance dont le taux va dépasser la moyenne européenne au cours de trois prochaines années", a-t-il déclaré.
L’année 2012 est loin. À cette époque, S&P Global avait relégué la note souveraine grecque de long terme à la catégorie SD, soit "en défaut de paiement sélectif". Depuis lors, la Grèce a remonté la pente cahin-caha et sa note ne se trouve plus désormais qu’à deux crans de quitter la catégorie "spéculative" pour rejoindre les titres investment grade. À noter que l’agence de notation a assorti cette note d’une perspective positive, ce qui signifie qu’elle pourrait la relever de nouveau dans les douze à dix-huit mois, si "la croissance économique est plus forte que prévu et plus importante que celle de ses pairs", a avancé S&P. L’agence mise sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) grec de 4,9 % en 2021, et 5,8 % en 2022, 5% en 2023 et 4,5% en 2024, après une dégringolade de 8,2 % en 2020
Ainsi, ce qui a présidé au choix de l’agence de notation est son anticipation "d'une amélioration rapide des performances économiques et budgétaires de la Grèce, à mesure que les effets négatifs de la pandémie de COVID-19 s'atténuent". Ces performances seront soutenues par le plan de relance de l’Union européenne, dont la Grèce devrait profiter à hauteur de 32 milliards d’euros (près de 20 points de PIB) - dont 19,4 milliards d’euros sous forme de subventions et 12,6 milliards d’euros sous forme de prêts. L’agence de notation prévoit que s'ils sont utilisés efficacement, "ces fonds permettront d'apporter de nouvelles améliorations économiques structurelles à l'économie grecque, en s'attaquant notamment à l'important déficit d'investissement, résultat du resserrement budgétaire procyclique exigé de la Grèce après la crise financière mondiale".
D’autre part, S&P salue la politique budgétaire menée par le gouvernement grec ; rappelons qu’avant la crise pandémique, la Grèce générait, depuis 2016, un excédent budgétaire primaire (le solde budgétaire avant paiements des intérêts) de près de 4 points de PIB chaque année. Si sa dette publique atteint aujourd’hui 205,6% du PIB, elle pourrait refluer de plus de 30 points (173,6%) d’ici à 2024, selon les prévisions de S&P, sous l’effet conjugué de la croissance économique et du sérieux budgétaire. Une dette publique qui présente de plus, en termes de maturité et de coût moyen des intérêts, "l'un des profils de dette les plus avantageux de tous les souverains que nous évaluons", remarque l’agence de notation.
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