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PGE / prêts participatifs / Bruno Le Maire

Prêts participatifs : les banques plus sélectives que pour les PGE

Bercy a annoncé hier que les secteurs "prêts à redémarrer" pourraient bénéficier de 11 milliards d'euros d'argent frais dès le début du mois de mai. Les PME et ETI éligibles devront justifier d'un chiffre d'affaires supérieur à deux millions d'euros. Un second tour de table aura lieu au mois de juin.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

Le ministre de l'Économie a donc annoncé hier matin le déboursement de 11 milliards d'euros d'argent frais à destination des PME et ETI, dès le début du mois prochain, dans le cadre des prêts participatifs dévoilés en début d'année. Ce dispositif, considéré comme une aide d'État, ne correspond pourtant pas à un prêt classique pour les entreprises qui en bénéficieront. À mi-chemin entre le prêt de long terme et la prise de participation au capital d'une entreprise, ce crédit offrira une maturité de financement de 8 ans, que les sociétés commenceront à rembourser au bout de 4 ans seulement. "Ce sont des prêts de très long terme avec un différé de remboursement, donc c'est très intéressant pour les entreprises et cela montre bien que tout un pan de l'économie est en train de redémarrer", a affirmé hier le ministre sur Europe 1. Le taux d'intérêt appliqué sera compris entre 4 et 5,5 %. Ces prêts seront considérés comme des quasi-fonds propres en raison de leur maturité longue et parce que leur remboursement ne sera pas prioritaire par rapport à d'autres créances.

Les banques ne conserveront que 10% du montant des créances à leur bilan. Les 90% restants seront cédés à un fonds d'investissement dénommé "Prêts participatifs relance", qui aura lui-même collecté l'argent auprès de 18 compagnies d'assurance-vie, de fonds d'épargne salariale et de fonds d'épargne retraite. La Fédération française de l'assurance (FFA) s'est d'ailleurs fendue d'un communiqué hier pour souligner l'implication de ses membres dans la relance de l'Hexagone. "Le niveau de cette première levée de capitaux confirme la force motrice des investisseurs de long terme que sont les assureurs dans la relance de notre pays" a ainsi déclaré la FFA. Ces prêts bénéficieront par ailleurs de la garantie de l'État à hauteur de 30%.

En mars dernier, le gouvernement avait annoncé l'objectif de distribuer 20 milliards d'euros de prêts participatifs et d'obligations subordonnées (mécanisme similaire aux prêts mais proposé par les sociétés de gestion). Plus de la moitié sera donc disponible dans deux semaines, pour les entreprises qui répondront aux critères établis par Bercy. Quels sont-ils ? Les PME et ETI pourront prétendre à ces prêts, à condition de justifier d'un chiffre d'affaires de plus de deux millions d'euros. Le montant des prêts sera fonction de la taille de l'entreprise : 12,5% du chiffre d'affaires 2019 pour les PME et 8,4% du chiffre d'affaires pour les ETI.

Les banques ont par ailleurs prévenu qu'elles joueraient le rôle de sélection des risques, et que ces nouveaux prêts seraient sans doute accordés de façon moins automatique que pour les PGE. Une façon de répondre aux conditions de la Commission européenne, lorsque celle-ci avait donné son feu vert début mars. "À la différence des PGE qui ont été mis en place pour aider les entreprises qui perdaient du chiffre d'affaires, et ont été conçus comme une compensation de ces pertes, permettant aux sociétés de continuer d'exister le temps que l'économie reparte, les prêts participatifs ont vraiment été pensés pour financer l'investissement", explique ainsi Thomas Bostock, responsable du crédit professionnel chez Meilleurtaux.com. Ce qui explique selon lui que la sélection sera beaucoup plus stricte que pour les PGE. "Il y aura une analyse fine de la capacité de rebond de l'entreprise, avec un focus sur ses projets d'investissements. L'entreprise devra par ailleurs présenter une modélisation opérationnelle et financière de long terme", poursuit le responsable.

Un tour de table devrait avoir lieu dans les prochaines semaines pour les obligations subordonnées et un second pour les prêts participatifs au mois de juin. D'ici là, le ministre espère bien que d'autres entreprises pourront y avoir recours, grâce au redémarrage de l'économie permise par le déconfinement progressif. Les ETI et PME auront de toutes les façons jusqu'au 30 juin 2022 pour solliciter cette aide. Au total, le gouvernement estime que 10 000 entreprises pourraient accéder aux prêts, ce qui représenterait 7% à 10% de l'ensemble des PME et ETI. "Il y aura peut-être plus de demandes que cela, mais toutes les entreprises ne pourront accéder aux prêts", conclut Thomas Bostock. Car si les PGE étaient un pansement pour cautériser la plaie le temps que l'épidémie passe, le nouveau dispositif vise bien à soutenir les entreprises avec des projets d'embauches et d'investissements durables, susceptibles de participer à la reprise économique. 

 

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