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L'Allemagne rechute et fait trébucher la zone euro
Quand l'Allemagne tousse, c'est toute l'Europe qui s'enrhume. Ce dicton au sujet de la première économie de la zone euro s'est encore vérifié ce matin, lors de la publication du PIB de l'UE pour le premier trimestre, qui a reculé de 0,6% sur la période. Et l'Allemagne est le pays dont le PIB a le plus chuté entre janvier et fin mars, de 1,7%, entraînant dans sa course la croissance moyenne de l'Europe.
Si Destatis n'a pas encore communiqué le détail des composantes du PIB, qui sera dévoilé le 25 mai seulement, la plupart des prévisionnistes estiment que ce recul est principalement dû au ralentissement de la consommation des ménages, pénalisée par la hausse de la TVA et le confinement instauré en début d'année. Les exportations en revanche, ont "continué de soutenir l'économie allemande", précise l'organisme de statistiques dans le communiqué dévoilé ce matin. "La forte demande venue de Chine et des États-Unis a permis de remplir les carnets de commandes des entreprises allemandes et a contribué à la reprise soutenue de la production industrielle même si celle-ci est encore inférieure à ses niveaux prépandémique", explique Carsten Brzeski, économiste chez ING.
Destatis a en revanche légèrement revu à la hausse ses prévisions de croissance pour les troisième et quatrième trimestres, qui ont donc connu une hausse respective de 8,7% et 0,5% (contre 8,5% et 0,3% précédemment anticipé). Malgré le fort rebond de la seconde partie d'année dernière, l'Allemagne n'a pas encore retrouvé ses niveaux d'activité de pré-pandémie: à la fin mars, le PIB allemand était toujours inférieur de 4,9% au niveau de fin 2019.
L'Allemagne n'est pas le seul État à avoir connu un recul de son PIB au premier trimestre : parmi les principales économies de la zone euro, le PIB de l'Espagne a reculé de 0,4% tout comme celui de l'Italie. La France fait donc figure d'exception ce matin, mais avait connu de son côté un fort ralentissement au cours du dernier trimestre 2020.
Malgré ce chiffre en demi-teinte pour l'UE et pour l'Allemagne entre janvier et fin mars, les économistes sont confiants dans la capacité de rebond du Vieux Continent, dès le second trimestre. "Les données en temps réel montrent que l'Allemagne est déjà sortie de la récession au début du deuxième trimestre" estime ainsi Sylvain Broyer, chef économiste Europe chez S&P. Selon Carsten Brzeski, l'Allemagne devrait également bénéficier de l'accélération de la croissance américaine, tirée par les plans de relance colossaux, des premiers versements du fonds européen et du rebond de la construction, dès que les problèmes de chaînes d'approvisionnement seront réglés. "Nous pensons que l'Allemagne retrouvera son niveau prépandémique avant la fin de cette année", explique ainsi l'économiste d'ING.
Et l'UE toute entière devrait connaître un redémarrage dès ce second trimestre. "Toutes les conditions sont réunies pour un redémarrage vigoureux de l'économie européenne. La vaccination se déploie. Les restrictions à la mobilité sont moins dommageables qu'auparavant pour l'économie, qui s'adapte. Le COVID-19 agit comme un catalyseur de changements structurels, tant au niveau du tissu économique que de l'intégration européenne. Le soutien des politiques publiques reste très favorable et coordonné comme jamais auparavant", estime pour sa part Sylvain Broyer. S&P prévoit ainsi un rebond du PIB de la zone euro de 4,2 % cette année.
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