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Politique monétaire / Royaume-Uni / tapering / QE

Politique monétaire
Royaume-Uni / tapering / QE

Tapering : la Banque d'Angleterre entame le bal

La BoE est la première des grandes banques centrales à prendre le chemin du resserrement monétaire. Elle a ainsi annoncé hier la réduction à hauteur d'un milliard de livres de son programme hebdomadaire d'achats d'actifs. Elle devrait dévoiler le calendrier de la suite du tapering dans les prochains mois, si l'économie est à la hauteur de ses nouvelles prévisions.
Banque d’Angleterre - BoE
Banque d’Angleterre - BoE

Aucune grande banque centrale n'avait pour l'instant osé franchir le pas d'un début de resserrement monétaire, tant les conditions sanitaires sont encore fragiles, malgré l'accélération de la vaccination, et tant la crainte des banquiers est grande de déstabiliser les marchés financiers. La Vieille Dame de la rue Threadneedle a donc levé un tabou, en amorçant son désengagement de l'économie britannique, de manière très prudente toutefois. La BoE a ainsi maintenu ses taux directeurs à 0,1 % et le volume global de son enveloppe d'achats de titres, de 895 milliards de livres, mais réduit le rythme hebdomadaire de ses achats, à hauteur d'un milliard de livres, passant de 4,4 à 3,4 milliards de livres par semaine. Une décision justifiée par l'amélioration des perspectives économiques dans le pays, que la BoE a d'ailleurs revues à la hausse ce mois-ci. Les gouverneurs ont ainsi estimé que la croissance annuelle du pays atteindrait 7,25 % en 2021, contre une précédente estimation de 5 %, lors de sa rencontre de février. Surtout, la BoE estime que le pays devrait retrouver son niveau d'activité pré-pandémique dès le quatrième trimestre de cette année, alors qu'elle s'attendait à atteindre ce niveau au premier trimestre 2022 initialement. Enfin, les gouverneurs ont relevé leurs prévisions d'inflation, estimant qu'elle devrait demeurer supérieure à 2 % ces deux prochaines années.

"Les conditions économiques pour un resserrement monétaire, à savoir un taux de chômage de 4,5 % et un taux d'inflation de 2 % devraient donc survenir un an plus tôt que prévu, soit d'ici la fin de l'an prochain au lieu de fin 2023", explique ainsi Thomas Pugh, économiste UK chez Capital Economics. "Il devrait y avoir au moins une hausse des taux d'ici là pour maintenir l'inflation à 2 %", poursuit-il. "Nous pensons que la BoE devrait donner plus de détail sur le tapering (baisse des achats de titres et hausses des taux) dans un futur assez proche", explique pour sa part James Smith, économiste chez ING.

Les gouverneurs ont d'ailleurs cette fois-ci retiré de leur verbatim la périphrase mentionnant un "possible affaiblissement des perspectives d'inflation". Tout ceci explique que les neuf gouverneurs ont décidé de ralentir le rythme des achats de titres hebdomadaires. Il faut dire que la BoE s'était engagée à maintenir son programme d'achats, de 875 milliards de livres jusqu'à la fin de l'année. "Au rythme actuel de 4,4 milliards par semaine, elle serait arrivée à court de munition trop rapidement", souligne encore James Smith d'ING. La BoE n'a cependant pas été aussi loin que ne le souhaitait l'économiste en chef de l'institution, Andy Haldane, qui s'est prononcé en faveur d'une réduction de l'enveloppe totale de 50 milliards de livres. Et sa recommandation ne devrait pas forcément entraîner d'autres membres de la BoE à adopter le même ton le mois prochain, puisque l'économiste en chef doit quitter l'institution en juin.

Quelles sont les options possibles pour la BoE si la conjoncture britannique s'améliore autant voire plus qu'elle ne le prévoit ? Une solution serait de réduire le montant des titres réinvestis arrivant à échéance. Ce qui lui permettrait de réduire sa détention de titres de l'ordre de 30 à 40 milliards de livres par an, selon James Smith. Quid de la première hausse des taux d'intérêt ? Les économistes d'ING comme ceux de Capital Economics estiment qu'elle ne devrait pas avoir lieu avant 2023, notamment parce que les perspectives d'inflation devraient être finalement plus basses que ce que prévoit la BoE.

La très légère inflexion de politique monétaire amorcée par la BoE va-t-elle inspirer d'autres banques centrales ? Pour l'instant, le sujet n'est pas d'actualité du côté de la BCE, alors que la campagne de vaccination a mis plus de temps à démarrer que de l'autre côté de la Manche, et que le Vieux Continent sort à peine d'un nouveau confinement. La Fed pourrait être la prochaine sur la liste, puisque le rythme de la reprise a accéléré grâce au colossal plan de soutien de Joe Biden. Mais Jerome Powell s'est montré très prudent lors de la dernière réunion du 28 avril, déclarant que le pays était encore très loin du plein-emploi : "l'inflation devrait dépasser les 2 % aux États-Unis en 2021 sur un an, mais cela ne suffira pas à la Banque centrale américaine pour relever ses taux", a déclaré le président de la Fed.

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