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François Villeroy de Galhau / BCE / tapering

François Villeroy de Galhau met les points sur les i

Le gouverneur de la Banque de France s’en est pris vertement aux récentes rumeurs de tapering et a écarté, à ce jour, tout risque d’un retour durable de l’inflation.
François Villeroy de Galhau - Crédits : Jean-Christophe MARMARA / Le Figaro
François Villeroy de Galhau - Crédits : Jean-Christophe MARMARA / Le Figaro

Depuis plusieurs semaines, de nombreux observateurs prévoient un durcissement de la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne durant les prochains mois, au travers d’un ralentissement de ses achats d’actifs (tapering) réalisés dans le cadre de son programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP). Les injections de liquidités destinées aux marchés obligataires seraient moins justifiées, selon eux, eu égard l’amélioration prochaine de la situation économique du Vieux continent. Cette petite musique qui monte au sein des marchés trouve également son origine dans les déclarations de certains membres faucons du Conseil des gouverneurs de l’institution de Francfort… 

François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, n’est pas sur cette ligne et l’a fait savoir lors du Nordic Summit organisé par Danske Bank. "Soyons clairs : toute hypothèse de réduction partielle des achats pour le troisième trimestre ou les trimestres suivants est purement spéculative. Comme l'a dit Christine Lagarde, nous n'avons même pas discuté d'une réduction progressive lors de notre réunion du Conseil des gouverneurs d'avril", a déclaré le Français. La BCE est en fait dans une démarche strictement inverse depuis plusieurs semaines puisqu’elle a augmenté ses achats au titre du PEPP (ses acquisitions nettes de titres s’élèvent à plus de 20 milliards d’euros chaque semaine) pour s’éviter un resserrement prématuré des conditions financières causé par la hausse des taux d’intérêt souverains, hausse en partie nourrie par… "des craintes injustifiées de réduction progressive d’achats d’actifs", a déploré le banquier central.

Par ailleurs, alors que les marchés obligataires et actions ont récemment fait montre d'inquiétude à propos de la dynamique haussière de l’évolution des prix en zone euro (en glissement annuel elle était à -0,3 % en décembre 2020 dernier et a atteint 1,6 % en avril 2021) et donc potentiellement anticipé une réaction de la Banque centrale, François Villeroy de Galhau a, lui, exclu, à ce jour, tout retour durable de l’inflation. S’il reconnaît que les pressions sous-jacentes sur les prix devraient s'accentuer quelque peu cette année, il estime qu’elles devraient rester "globalement modérées", en raison, en partie, de "la faiblesse des pressions salariales" ; la fameuse boucle prix-salaire qui brille, pour le moment, par son absence et que les économistes jugent comme étant une condition nécessaire à une authentique poussée inflationniste.

Lors de son intervention, le gouverneur en a également profité pour rappeler que les moyens d’action de la Banque centrale pour parvenir à ses objectifs s'étendent bien au-delà du seul et très médiatique PEPP. En effet, François Villeroy de Galhau a évoqué un "quatuor" d’instruments. Il fait ici référence au taux de dépôt négatif (les banques doivent verser un intérêt de 0,5% sur la part de leur dépôt auprès de la banque centrale qui dépasse un certain montant), aux opérations ciblées de refinancement à long terme (des prêts collatéralisés jusqu'à -1 % à destination des banques sous réserve qu'elle remplisse certains critères de performance en termes d'octroi de crédit), à la forward guidance (politique consistant à donner des indications sur la trajectoire future de la politique monétaire pour influer sur les conditions financières) et évidemment… aux achats d’actifs qui continueront même après la fin du PEPP, à l’aide de l’autre programme (APP) de la BCE - elle achète pour 20 milliards d'euros d'actifs chaque mois au titre de l'APP et aucune date de fin n'a été dévoilée. "Ces instruments non conventionnels sont là pour rester, au-delà de la crise pandémique et des outils qui furent créés pour lutter contre, ce qui signifie que notre politique monétaire peut rester aussi accommodante que nécessaire, aussi longtemps que nécessaire", a précisé le grand argentier.

Souvent comparés, encore plus lors de cette crise, à leurs homologues de la Réserve fédérale américaine, également mis à l'épreuve par les marchés ces temps-ci, les membres du Conseil des gouverneurs de la BCE se montreront "au moins aussi patients qu'eux", a avancé François Villeroy de Galhau.

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