Macro-économie / Taux / BoE / taux d'intérêt / Politique monétaire
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Unanimité rompue au sein de la Banque d’Angleterre
Des divisions émergent. Contrairement à ce que nombre d’intervenants de marché anticipaient, la Banque d’Angleterre (BoE) a choisi de maintenir son taux d’intérêt directeur à 0,10 %. Cette décision n’a pas été prise à l’unanimité, ce pour la première fois depuis le début de la crise pandémique à la mi-mars 2020, d’après l’historique des votes durant les réunions de politique monétaire publié par la BoE.
En effet, tandis que sept membres du Comité de politique monétaire (MPC) ont choisi de maintenir le taux d'intéret à son niveau actuel, Dave Ramsden, l'un des trois gouverneurs adjoints, et Michael Saunders ont voté pour une hausse du taux d’intérêt de 15 points de base (ainsi que pour un arrêt du programme de rachat d’actifs, tout comme Catherine Mann).
Dans le compte rendu de la réunion, il est indiqué que ces deux membres jugent qu’au regard de l’orientation actuelle de la politique monétaire britannique, l'inflation resterait probablement supérieure à l’objectif de la BoE de 2 % à moyen terme - tandis que, d'après la BoE, le pic devrait survenir en avril 2022 à 5 % et que l'inflation a atteint plus de 3 % ces deux derniers mois. Ils craignent que la croissance des salaires et la demande excédentaire soient plus élevées que ce que ne prévoit la Banque centrale et qu’en dernière instance, les anticipations d’inflation s’envolent.
"Une décision de resserrement de la politique monétaire lors de cette réunion réduirait ce risque, qui pourrait sinon nécessiter un resserrement ultérieur plus brutal de la politique et donc un ajustement plus important de la croissance et de l'emploi", avancent-ils, arguant que cela démontrerait "l'engagement du Comité à ramener l'inflation vers l'objectif à moyen terme et contribuerait à garantir que les anticipations d'inflation à moyen terme restent bien ancrées".
Mais c'est la prudence qui domine au sein du reste du Comité, qui juge indispensable d'attendre avant tout resserrement, pour obtenir des informations supplémentaires sur les évolutions à court terme du marché du travail, ce dans un contexte où le dispositif de chômage partiel vient de disparaître. D'autre part, le statu quo monétaire est également justifié par le MPC par la révision à la baisse de la croissance économique britannique. La BoE anticipe désormais une progression du Produit intérieur brut du Royaume-Uni de 7 % en 2021, contre 7,25 % annoncé en août, et de 5 % en 2022, contre 6 % auparavant.
Par ailleurs, bien que l'économie britannique soit, comme l'ensemble de l'économie mondiale, affectée par la hausse des prix de l'énergie, Andrew Bailey, gouverneur de la BoE, a déclaré que "la politique monétaire ne peut augmenter l'approvisionnement de gaz ou la vitesse du vent". Se risquer à fragiliser le rebond économique en tentant de répondre à ces chocs aurait été une mauvaise décision, a-t-il ajouté.
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