Macro-économie / Taux / Richard Clarida / Fed / taux d'intérêt
Macro-économie / Taux
Richard Clarida / Fed / taux d'intérêt
Le numéro 2 de la Fed joue cartes sur table à propos des taux
Après avoir annoncé son tapering (ralentissement du rythme des achats nets d’actifs qu’elle mène) la semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) est désormais attendue sur son calendrier de hausse des taux d’intérêt directeurs – ceux-ci sont au plancher depuis le début de la crise pandémique, c’est-à-dire compris dans une fourchette allant de 0% à 0,25%. Hier, à l’occasion d'une table ronde organisée par l'Institut Brookings, Richard Clarida, vice-président du Conseil des gouverneurs de la Fed, a avancé que si l’inflation et le marché du travail se comportaient ainsi que l’escompte la Banque centrale, les conditions nécessaires à une hausse des taux d’intérêt directeur auront été remplies d’ici la fin 2022.
La Fed avait présenté ces conditions à l’été 2020, à l’issue de sa revue de stratégie. Elles indiquent que les taux directeurs seront maintenus au niveau actuel jusqu’à ce que "l’état du marché du travail ait atteint un niveau compatible avec les évaluations du Comité en matière d'emploi maximum, que l'inflation ait atteint 2 % et soit en voie de dépasser modérément 2 % pendant un certain temps ".
À propos du marché du travail, rappelons que les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) anticipent en prévision médiane un taux de chômage de 3,8% fin 2022 (contre 4,6% constatés en octobre 2021). Un niveau que Richard Clarida définit comme compatible avec sa vision de ce qu’est "l’emploi maximum". Selon les calculs de la Fed d'Atlanta, cette anticipation implique un rebond du taux de participation au marché du travail vers sa tendance démographique, explique le numéro 2 de la Fed. De plus, elle suppose des gains d'emploi cumulés cette année et l'année prochaine qui, d'ici la fin de 2022, effaceront le déficit d'emplois de 4,2 millions de personnes par rapport au pic du cycle précédent, poursuit le grand argentier.
L’évolution des prix enverrait elle aussi le signal d’une hausse des taux. Depuis le début de la crise, la croissance de l’indice cœur des dépenses de consommation personnelle (Core PCE Index) s’est établie en moyenne à 2,8% (en glissement mensuel annualisé), signale le grand argentier et la Fed prévoit qu'elle devrait se situer au-dessus de 2% au cours des prochaines années. Or, Richard Clarida avance que "mes projections d'inflation pour 2023 et 2024, qui prévoient des taux d'inflation similaires à la projection médiane du FOMC, satisferaient selon moi, à la fin de l'année 2022, le critère ‘en voie de dépasser modérément 2 % pendant un certain temps’".
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