Macro-économie / Taux / Omicron / Covid / reprise / variant
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Omicron / Covid / reprise / variant
Omicron : les ennuis recommencent ?
Elle n’avait vraiment pas besoin de cela. Alors que l’économie mondiale panse ses plaies cahin-caha après une année 2020 inédite marquée par la pandémie (le Produit intérieur brut mondial a reculé de 3,4 %, soit une baisse de 3 000 milliards de dollars en termes réels), voilà qu’un énième variant pourrait endommager sa convalescence.
La nouvelle souche de covid-19 nommée Omicron présente un risque "très élevé" au plan mondial, a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans une note technique aux 194 États membres, notamment en raison de certaines de ses - nombreuses - mutations. "Omicron est le variant le plus divergent ayant été détecté en quantités significatives jusqu’à présent au cours de la pandémie, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait qu’il puisse être associé à une transmissibilité accrue, à une réduction significative de l’efficacité des vaccins et à un risque augmenté de réinfections", a ainsi expliqué le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies (ECDC).
Depuis l’arrivée des vaccins en début d’année, l’échappement immunitaire constituait l’un des principaux aléas baissiers sur la croissance. Bien qu'un tel risque ne se soit pas encore matérialisé, les données disponibles sur le nouveau variant étant jusqu’à présent insuffisantes, beaucoup de gouvernements ont donné un tour de vis à leurs mesures de restriction, notamment en fermant leurs frontières avec un plus ou moins grand nombre de pays – le Japon va interdire toutes les nouvelles entrées de ressortissants étrangers du monde entier à compter d'aujourd'hui et l'Australie a suspendu son projet de réouverture des frontières aux étudiants et aux travailleurs qualifiés.
Plusieurs éléments devront faire l’objet d’une attention particulière dans les semaines à venir pour savoir si le variant Omicron pesera sur le rebond de l’économie mondiale. "Il faudra déterminer s’il l'emporte sur le variant Delta dans les pays les plus touchés, savoir quel est le taux d’incidence du nouveau variant chez les personnes vaccinées et précédemment infectées et obtenir de nouvelles données pour déterminer les taux d'hospitalisation et de décès", analyse John Plassard, directeur adjoint chez Mirabaud & Cie qui prévoit des conséquences en termes de politique économique si jamais la situation devait empirer. "On voit mal comment la Banque centrale américaine pourrait accélérer son tapering et remonter ses taux d’intérêt à 3 reprises en 2022 (comme le pense désormais Goldman Sachs) si le nouveau variant Omicron devait amener plusieurs pays à refermer leurs frontières et à partiellement fermer leur économie", avance-t-il.
Le signal envoyé pourrait néanmoins s’avérer équivoque... "La question qui se pose aussi est de savoir si une mauvaise nouvelle est une bonne nouvelle (elle retarde la hausse des taux d'intérêt) ou si une mauvaise nouvelle est une mauvaise nouvelle (la Fed est coincée et ne peut pas relancer ou retarder l'assouplissement quantitatif en raison de l'inflation (pour l’instant) persistante", explique John Plassard.
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