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Stellantis fait la courte échelle au Crédit Agricole

Le constructeur automobile, qui gère désormais 14 marques, a simplifié les relations avec ses partenaires bancaires. Si tous (notamment BNP Paribas et Santander) y gagnent, l'accord répond de manière essentielle à la stratégie du Crédit Agricole dans le leasing.
Stellantis
Stellantis

Parmi les chantiers engendrés par la fusion entre les constructeurs automobiles PSA et Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) pour former Stellantis, il en est un qui, s’il est largement moins visible que la réorganisation industrielle ou la refonte des plates-formes et des modèles, n’en est pas moins crucial (et tout aussi compliqué) : la mise à plat des filiales de financement. Après presque un an de travail, Stellantis vient d’en présenter le résultat pour l’Europe.

Jusqu’ici, le constructeur ne cumulait pas moins de cinq entités (essentiellement des joint-ventures avec des partenaires bancaires comme c’est la norme sur le Vieux continent), issues de ses rapprochements successifs : pour le financement automobile proprement dit, PSA Banque pour les marques Peugeot, Citroën et DS (avec Santander Consumer Finance), Opel Bank pour les marques Opel et Vauxhall (avec BNP Paribas Personal Finance), FCA Bank (avec Crédit Agricole Consumer Finance) ; pour les activités de leasing (location avec option d’achat, location longue durée et crédit-bail), Free2Move Lease (issu de PSA) et Leasys (de FCA).

La nouvelle organisation – dont les discussions exclusives doivent se terminer en 2022 pour une mise en place l’année suivante – conserve les partenaires bancaires d’origine, mais les rôles et les marchés sont redéfinis. L’idée de base étant que les clients n’aient qu’un seul interlocuteur par pays quelles que soient les marques de Stellantis.

Jackpot pour le Crédit Agricole

Le gros lot a été tiré par Crédit Agricole CF (CACF). La filiale de la banque verte détiendra 50% du capital de la future société de leasing qui regroupera Free2Move Lease et Leasys – tandis que Stellantis en détiendra le solde. L’opération permet au Crédit Agricole de fait un pas de géant dans cette activité très importante de la banque commerciale en général et des services financiers spécialisés en particulier, car peu consommatrice de fonds propres et très rentable pour peu qu’elle atteigne une certaine taille (Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, l’a d’ailleurs qualifié de "métier cœur pour le groupe"). Alors que CACF est un nouveau venu (elle vise, en dehors de l’accord, une flotte de 100 000 véhicules d’ici à fin 2026), elle pourra recoller avec les deux des leaders de ce marché en Europe : la Société Générale, avec ALD (qui discute par ailleurs d’un rapprochement avec le néerlandais LeasePlan), et BNP Paribas, avec Arval.

Via son accord avec Stellantis, CACF gérerait de 700 000 véhicules de flotte, alors qu’ALD en affiche 1,76 million et Arval 1,42 million. Cet afflux lui permet d’afficher l’ambition de dépasser, uniquement pour sa joint-venture avec Stellantis, le million d’unités en 2026 et 1,4 million en 2030. A titre de comparaison, ALD vise 2,3 millions en 2025 (non compris un éventuel accord avec LeasePlan) et Arval 2 millions. Philippe de Rovira, responsable des filiales de Stellantis, prévoit un bel avenir au leasing : cette activité au sein du constructeur américano-italo-français est 2 à 2,5 fois moindre que celle de son concurrent Volkswagen.

Par ailleurs, CACF rachètera la part de Stellantis dans FCA Bank et 100% de Leasys Rent (pôle de Leasys spécialisée dans la location de courte durée). CACF se retrouvera donc totalement propriétaire d’un établissement de financement et de location automobiles. Il devra cesser ses activités de financement avec les marques de Stellantis, mais il pourra les développer avec d’autres constructeurs (c’est déjà le cas de Jaguar Land Rover et d’Aston Martin). CACF s’est fixé l’ambition d’atteindre 10 milliards d’euros d’encours de prêts en 2026.

BNP Paribas et Santander approfondissent leurs relations

De leur côté, les autres banques partenaires renforceront leur activité de prêts : Stellantis répartira son activité de financement pour l’intégralité de ses marques entre BNP Paribas PF et Santander CF en fonction des principaux marchés.

Au premier échoient en exclusivité l’Allemagne (où il est le partenaire historique d’Opel), l’Autriche, le Royaume-Uni ; au second échoient en exclusivité la France, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, la Pologne, les Pays-Bas et le Portugal. L’établissement français estime que grâce à cet accord, ses encours de prêts avec les clients de Stellantis augmenteront de 6 milliards d’euros (pour atteindre 17 milliards). Santander CF ne communique pas les conséquences de cet accord pour lui.

L’initiative de Stellantis montre à quel point les activités de financement, certes annexes à la conception et à la fabrication de véhicules, sont néanmoins très importantes au modèle économique des constructeurs automobiles – qui sont d’ailleurs voués à être autant des pourvoyeurs de services de mobilité que des industriels. Signe supplémentaire, il a récemment acquis First Investors Financial Services aux Etats-Unis, où il bénéficie de la présence de Chrysler mais compte déployer davantage de marques et d’activités.

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