Banques / JPMorgan / Citigroup / Wells Fargo / Banque
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JPMorgan / Citigroup / Wells Fargo / Banque
Les banques américaines ont engrangé les bénéfices avant une année 2022 plus incertaine
Cela a maintes fois été dit, les exercices 2020 et 2021 ont été exceptionnels pour les banques, qui ont in fine largement bénéficié des turbulences de marché puis du rebond de l'économie provoqués par la crise sanitaire. JPMorgan, parmi les premiers établissements à publier ses comptes annuels vendredi avec Citigroup et Wells Fargo, le confirme de la manière la plus éclatante - et donne le "la" des prochaines publications du secteur aux Etats-Unis et en Europe.
En dépit d'une chute prévisible au quatrième trimestre (-14% à 10,4 milliards de dollars), étant donné un effet de base défavorable sur un an, JPMorgan a réalisé un bénéfice net record au cours de l'exercice 2021 : il atteint 48,3 milliards de dollars, en hausse de 66% par rapport à 2020. Wells Fargo (à l'activité beaucoup plus nationale et marquée par la banque de détail) et Citigroup (au business model plus similaire) sont sur la même longueur d'onde. Leurs bénéfices nets ont été multipliés, par deux pour Citigroup (à 22 milliards de dollars) et par six pour Wells Fargo (qui revient de loin après avoir souffert des années d'un scandale lié à des ouvertures de comptes fictifs), à 21,5 milliards.
Les banques doivent en partie leur performance à la baisse du coût du risque en raison de la vigoureuse reprise de l'économie américaine, mais aussi à des reprises de provisions pour créances douteuses - les défauts d'entreprises se sont avérés en définitive peu nombreux grâce à la mise en place de nombreux programmes de soutien gouvernementaux et des Banques centrales à travers le monde depuis le début de la pandémie. Or, les banques américaines avaient passé des provisions massives dans leurs comptes au premier semestre 2020, craignant - ou feignant de craindre - des défauts massifs. De telles mesures créent par définition un effet de base très favorable l'année suivante et permettent aux banques qui procèdent de la sorte d'afficher des hausses de bénéfices très flatteuses. JPMorgan a par exemple réduit ses provisions de 1,8 milliard de dollars au quatrième trimestre.
"Le crédit continue d'être sain et affiche un taux de radiations très faibles. Nous restons optimistes quant à la croissance économique américaine, car le climat des affaires est positif et les consommateurs bénéficient de la croissance de l'emploi et des salaires", explique son patron Jamie Dimon. Lequel est resté optimiste pour la croissance américaine au moins pour le premier semestre, en dépit des difficultés provoquées par le variant Omicron (moins mortel que le Delta), la forte inflation et les goulets d'étranglement dans les chaînes d'approvisionnement, qui provoquent des pénuries. Preuve en est, les dépenses des clients particuliers de JPMorgan en cartes de débit et de crédit ont augmenté de 26% au dernier trimestre 2021 et de 20% chez Citigroup.
Mais c'est surtout dans les métiers de banque d'investissement que l'année a été une martingale pour les établissements. Les commissions perçues au titre des activités de conseil (en fusion-acquisition, en introduction en Bourse et en opérations primaires sur les marchés de capitaux) ont bondi de 37% chez JPMorgan au quatrième trimestre, tandis que celles de Citigroup ont progressé de 43%.
Flambée des rémunérations
En revanche, et c'est l'une des explications de la baisse du bénéfice de JPMorgan en fin d'année, les revenus tirés du courtage sur les marchés ont reculé de 11% au dernier trimestre, la fin 2020 ayant été particulièrement prolifique. Idem pour l'activité de prêts aux entreprises, en baisse par rapport à une année 2020 très dynamique en raison des tensions de trésorerie provoquées par la crise sanitaire. Un autre facteur est la hausse des dépenses opérationnelles.
En définitive, le chiffre d'affaires total de JPMorgan a progressé de 11% l'année dernière, pour atteindre 121,65 milliards de dollars. Au cours des trois derniers mois de l'année, il est resté stable à 29,26 milliards de dollars.
Ces performances globalement très élevées ont un revers : le groupe va devoir sortir le carnet de chèques pour récompenser ses banquiers de leurs performances de 2021, mais aussi pour les retenir, étant donné que la croissance et la baisse du chômage aux Etats-Unis en 2021 ont alimenté l'inflation, dont la hausse des salaires. Il s'attend ainsi à une hausse de 6 milliards de dollars de ses dépenses hors versement d'intérêts en 2022 (2,5 milliards pour ses frais structurels et 3,5 milliards pour ses dépenses d'investissement), à 77 milliards, notamment en raison de l'augmentation des rémunérations et des frais de déplacement de ses collaborateurs.
Goldman Sachs publiera ses comptes 2021 demain mardi, tandis que Morgan Stanley et Bank of America publieront le lendemain.
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