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Macro-économie / Taux / Emploi / Etats-Unis

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Emploi / Etats-Unis

Etats-Unis : ce qui se cache derrière les pénuries de main d’œuvre

Trois paramètres expliquent 70% du déficit d’emploi par rapport à la période pré-pandémique, indique une étude du Fonds monétaire international.
Central Park, Manhattan - FRANCOIS ROUX / ONLY WORLD / Only France via AFP
Central Park, Manhattan - FRANCOIS ROUX / ONLY WORLD / Only France via AFP

C’est l’une des énigmes économiques majeures que connaissent actuellement les Etats-Unis. Une énigme qui n'est pas sans lien avec les pressions salariales nominales à l'oeuvre et qui pourrait peser sur l'inflation à moyen terme : plusieurs millions de travailleurs ont déserté la population active sans que cela ne soit justifiable par la dynamique démographique de l’Oncle Sam. Et il y a autant d’explications que d’économistes pour établir ce qui se cache derrière ce phénomène. Une étude menée par deux chercheurs du Fonds monétaire international indique que 70% de l’écart enregistré par le volume d’emplois américains par rapport à son niveau d’avant-crise est le fait de trois éléments.

Le premier facteur explicatif est la retraite anticipée qu’ont pris de nombreux travailleurs américains. "Pour certains, cela peut être dû à des problèmes de santé liés à la pandémie. D'autres peuvent avoir reconsidéré leur besoin de travailler en raison de la forte hausse des prix des actifs financiers et immobiliers", expliquent Carlo Pizzinelli et Ippei Shibata, auteurs de l’étude. Fin 2021, les 55-74 ans représentaient 52% de la population inactive quand la tendance démographique suggérait qu’ils devraient en peser 50%.

Par ailleurs, il existe des problèmes d’appariement sur le marché du travail. Les conséquences économiques de la crise pandémique ont affecté certains secteurs (loisirs, hôtellerie-restauration) plus que d’autres. Les pertes d’emplois enregistrées par ces secteurs qui n’ont pas été recouvrées ont conduit une main d’œuvre peu qualifiée à connaître des difficultés pour se réorienter sur le marché du travail. Près d’un cinquième de l’écart d’emploi par rapport au niveau d’avant-crise est le produit de ce phénomène, expliquent les chercheurs, qui relativisent cependant en précisant que "nous constatons que la perte d'emploi due à l'inadéquation pendant la crise a été modeste et, à notre grande surprise, moins importante que pendant la crise financière mondiale".

Enfin, la maternité a également joué un rôle. En effet, pour empêcher la propagation du virus, il a, entre autres, été décidé de fermer les écoles et compte tenu du coût des services de garde d’enfants aux Etats-Unis, les mères de jeunes enfants furent la variable d’ajustement en quittant la population active. "Nous estimons que l'excès de contraction de l'emploi pour les mères d'enfants de moins de 5 ans par rapport aux autres femmes représentait environ 16 % de l'écart total de l'emploi aux États-Unis par rapport aux niveaux antérieurs au COVID en octobre 2021", détaille l’étude.

 

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