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Inflation : les faucons européens sortent du bois
En zone euro, le comportement des prix à la consommation perturbe particulièrement certains des grands argentiers de la Banque centrale européenne (BCE). Ayant atteint un niveau historique en janvier (5,1%), l’inflation appelle à une réaction de l’institution de Francfort, notamment sur les taux d'intérêt, au cours des prochains mois, selon certains membres du Conseil des gouverneurs.
"Personnellement, je m'attends à ce que notre premier relèvement de taux intervienne aux alentours du quatrième trimestre de cette année (...) Normalement, nous augmenterions les taux d'un quart de point, je n'ai aucune raison de penser que nous prendrions une initiative différente", a ainsi déclaré Klaas Knot, président de la Banque des Pays-Bas, ajoutant qu'une deuxième hausse de taux suivrait de près la première, probablement au premier trimestre 2023.
Joachim Nagel, président de la Banque fédérale d’Allemagne, estime, lui, que si "la situation ne devait pas changer d’ici au mois de mars [le Conseil des gouverneurs tient sa prochaine réunion le 10 mars, ndlr], je plaiderai en faveur d’une normalisation de la politique monétaire". La première étape consisterait à mettre fin aux achats nets d’actifs dans le courant de l'année 2022 et "dans ce cas, les taux d’intérêt pourraient augmenter avant la fin de l’année", a indiqué l’Allemand.
Le discours le plus agressif vient probablement du gouverneur de la Banque nationale d’Autriche Robert Holzmann, qui va jusqu’à remettre en cause le séquencement de la normalisation de la politique monétaire auquel est très attaché le Conseil des gouverneurs. Pour rappel, le séquencement consiste à arrêter les achats nets d’actifs en premier lieu, ce "peu avant" de remonter les taux d’intérêt directeurs - et ainsi ne pas appuyer sur le frein et l'accélérateur dans le même temps. Or, "il serait également possible de prendre une première mesure sur les taux d'intérêt pendant l'été, avant la fin des achats, et une deuxième en fin d'année. Je serais favorable à cela", a plaidé Robert Holzmann qui juge qu'un taux directeur aux alentours de 1,5% en 2024 pourrait être réaliste.
Les trois gouverneurs feront partie des membres votants à l’occasion de la prochaine réunion de politique monétaire de la BCE.
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