Macro-économie / Taux / Obligations d'Etat / BCE / taux d'intérêt
Macro-économie / Taux
Obligations d'Etat / BCE / taux d'intérêt
Crise ukrainienne : les taux européens se détendent
Sans surprise, les exécutifs européens sont particulièrement sous tension depuis ce matin. "Dans le courant de la journée, nous soumettrons un ensemble de sanctions massives et ciblées à l'approbation des dirigeants européens", a lancé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, à la suite de l’invasion russe en Ukraine qui a débuté cette nuit. Josep Borell, haut représentant de l'Union européenne (UE) pour les Affaires étrangères, a ajouté prévoir "le train de sanctions le plus sévère jamais mis en œuvre" contre la Russie. Bercy, qui avait prévu un briefing off à 11h30 avec les journalistes en amont de l’Ecofin informel (réunion des ministres de l'Economie et des Finances de tous les États membres de l’UE) qui se tiendra demain et samedi, vient de l’annuler "compte tenu de l’actualité".
Dans ce contexte de forte incertitude, un véritable jeudi noir frappe les marchés actions européens ; mais les marchés obligataires, eux, se tiennent sages et jouent à plein leur rôle de valeur refuge. Les taux d’intérêt à dix ans français, espagnol, italien baissent dans la même ampleur que ceux de l’Allemagne (une dizaine de points de base), les spreads restent ainsi assez relativement stables. L’inflation durablement plus élevée que prévu qui pourrait être engendrée par ce choc géopolitique (le baril de brent a dépassé 100 dollars pour la première fois depuis 2014, soit un tiers au-dessus du niveau anticipé par la Banque centrale européenne en décembre) ne semble pas être le scénario acheté par le marché.
"À mon avis, la crise en Ukraine va avoir un effet inflationniste à court terme, les prix vont augmenter en raison de la hausse des coûts de l'énergie (...). Mais à moyen et long termes, je pense que les conséquences seront déflationnistes en raison des effets négatifs sur le commerce et, bien sûr, de la hausse des prix de l'énergie", vient de déclarer Yannis Stournaras, gouverneur de la Banque de Grèce, qui s’est concerté ce midi à Paris avec ses collègues du Conseil des gouverneurs de la BCE dans le cadre d'une réunion informelle.
La réaction de la Banque centrale européenne à l’occasion de sa réunion de politique monétaire du 10 mars sera cruciale pour le marché obligataire. Le conseil des gouverneurs de la BCE "procédera à une évaluation complète des perspectives économiques lors de la réunion de mars", incluant "les développements récents dans le domaine géopolitique", a indiqué ce matin l'institution de Francfort dans un communiqué transmis à l'AFP par une porte-parole. "Ils ne peuvent pas faire grand-chose pour l'instant, mais c'est un premier signe que, manifestement, la crise pourrait influencer leurs prochaines décisions", commente Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet Wealth Management.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

