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Les nouvelles sanctions européennes et la menace nucléaire font fléchir les actions
C’est une nouvelle douche froide pour les marchés actions européens. Après avoir dégringolé à la suite de l’invasion russe en Ukraine dans la nuit du 24 février, ils ont de nouveau plongé ce matin. Aux alentours de midi, le CAC 40 cédait 3,3% tandis qu’à Francfort, le DAX 40 reculait de 2,81% (l’Eurostoxx 50 abandonnait 3,35%). Les valeurs bancaires (BNP Paribas, Société Générale, Intesa, ING, Santander) et industrielles (BASF, Renault) sont les plus touchées. La Russie est le deuxième marché du constructeur automobile, tandis que la Société Générale a une filiale importante en Russie (baptisée Rosbank, 12 000 salariés), qu'elle a mis des années à redresser.
Il y a des exceptions : les entreprises de Défense par exemple, comme Thales ou Rheinmetall, profitent notamment du revirement allemand historique en matière d'investissement militaire. Il faut dire que la tension est montée d’un cran pendant le week-end, tant sur le plan économique que géopolitique.
D’une part, la Commission européenne a annoncé que de nouvelles sanctions seraient infligées à la Russie, dont la plus sévère est celle concernant l’exclusion du système interbancaire Swift. "Nous nous engageons à faire en sorte que certaines banques russes soient exclues du système de messagerie SWIFT. Ces banques seront ainsi déconnectées du système financier international, ce qui entravera leur capacité d'action à l'échelle mondiale", a expliqué Bruxelles.
Cela devrait significativement affecter la capacité des institutions financières russes à effectuer des paiements transfrontaliers et donc peser sur l’économie européenne. "La liste des institutions concernées n'a pas encore été publiée, mais lorsqu'elle le sera, il conviendra de vérifier si Gazprombank en fait partie (étant donné qu'elle traite une grande partie des exportations d'énergie de la Russie, cela pourrait avoir des répercussions sur les flux énergétiques)", analyse Neil Shearing, chef économiste de Capital Economics, qui continue de penser que l'impact global sur les chaînes d'approvisionnement mondiales sera relativement faible. "L'expulsion de certaines banques russes de SWIFT signifie que le commerce non énergétique entre la Russie et l'Europe est susceptible de s'effondrer", ajoute toutefois l'économiste.
D'autre part, en autres à cause de cette décision que Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance qualifiait vendredi d’"arme nucléaire financière", Vladimir Poutine a, peu après, donné des consignes à son ministre de la Défense et au chef d'état-major de mettre les forces de dissuasion de l'armée russe en "régime spécial d'alerte au combat", ce qui n’a pas manqué d’aggraver le climat d’incertitude.
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