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Macro-économie / Taux / Banque centrale européenne / Inflation / croissance / Stagflation / Conflit Russie-Ukraine

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Banque centrale européenne / Inflation / croissance / Stagflation / Conflit Russie-Ukraine

ukraine La Banque centrale européenne devrait attendre et voir venir

UKRAINE. Face au risque croissant de stagflation en zone euro lié au conflit russo-ukrainien, le Conseil des gouverneurs qui se réunit demain devrait repousser la normalisation progressive de sa politique monétaire que le marché attendait depuis quelques semaines.
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Michael Probst / POOL / AFP
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne - Michael Probst / POOL / AFP

Sa tâche se complique. Alors que le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunit demain, la guerre russo-ukrainienne vient compliquer la conduite de sa politique monétaire en zone euro. En effet, alors que depuis quelques semaines, sous l’effet du changement de ton affiché par Christine Lagarde, présidente de la BCE, le marché s’attendait à ce que l’institution de Francfort s’avance progressivement vers la normalisation de sa politique monétaire (les perspectives d’inflation s’étant renforcées), le conflit à l’Est de l’Europe change la donne.

De fait, cet affrontement fait peser sur les Dix-neuf la pire menace avec laquelle une Banque centrale peut se trouver aux prises : la stagflation. Les sanctions économiques et financières infligées à la Russie influent fortement à la hausse sur le prix des matières premières et pourraient grever significativement la croissance économique. La BCE a pour objectif la stabilité des prix (inflation de 2% symétrique à moyen terme) mais il faut garder à l’esprit que celle-ci pourrait être compromise à moyen terme si l’activité économique venait à dégringoler - au sens où l’inflation sous-jacente pourrait être affectée. Le Conseil des gouverneurs arpente un véritable chemin de crête.

Aussi, si l’institution de Francfort ne devrait pas revenir sur sa volonté de stopper les achats nets d’actifs réalisés au titre de son programme d’achat d’urgence pandémique (PEPP) fin mars, le mystère pourrait bien planer quant à la suite du calendrier. "La Banque centrale devrait donc annoncer la poursuite des achats de titres, sans calendrier de fin, dans le cadre de l’APP afin de soutenir les économies face au choc récessif ; et mentionner une première hausse de taux en fin d’année afin de donner des gages sur sa lutte contre l’inflation", avance Franck Dixmier, Global CIO Fixed Income chez AllianzGI. Rappelons qu’en décembre, elle avait annoncé que son programme traditionnel d’achats d’actifs (APP) serait gonflé (40 milliards d’euros au total) à compter d’avril jusqu’à juin pour compenser la fin du PEPP. Par la suite , il est prévu que les achats nets de l’APP atteignent 30 milliards d’euros par mois au troisième trimestre, puis 20 milliards d’euros par mois à compter d’octobre sans qu’aucune date de fin ne soit indiquée.

"Même si la BCE souhaite normaliser sa politique monétaire (ce qui avait été décidé à la réunion précédente), il serait bienvenu de temporiser. En situation d’incertitude, mieux vaut faire des petits pas et ne pas trop s’engager sur la suite avant d’avoir eu le temps d’évaluer vraiment les conséquences de la crise actuelle", résument les économistes d’Oddo BHF.

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