Macro-économie / Taux / Inflation / France / Stagflation
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Inflation / France / Stagflation
La stagflation pointe le bout de son nez dans l'Hexagone
Pour le neuvième mois d’affilée, l’inflation a progressé en France, la situation est telle que pour Geoffroy Roux de Bézieux "nous sommes entrés dans une économie d’inflation durable". Le président du Medef estime que la société française n’était pas prête pour cet épisode inflationniste et que pour faire face à "un environnement que la plupart des chefs d'entreprise n'avaient jamais connu ", il faut alléger les impôts de production. Dans les propos confiés au Journal du Dimanche, la hausse des prix à la consommation de 4,8 % en un an augure d’une "hausse des prix dans le secteur crucial du logement". L'avènement d'une hausse "inévitable" des taux d’intérêt semble particulièrement inquiéter le président de l’organisation patronale.
Des inquiétudes partagées par Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, qui estime que les chiffres publiés vendredi "semblent venir confirmer que le risque de stagflation devient tous les jours plus concret". Derrière le chiffre de l'inflation du mois d'avril se cache en effet une accélération des prix des services - de 2,9 % en an -, de l'alimentation - 3,8 % - et des produits manufacturés - 2,7 %. Ce qui signifie que les tensions inflationnistes se propagent, les différents taux d'inflations précédemment énoncés sont tous supérieurs au mandat de la BCE de 2 %.
Pour l'économiste de chez ING, "l'inflation va continuer d’augmenter". La perturbation des chaînes d’approvisionnement causée par le conflit ukrainien est de nature à faire perdurer cette inflation. Geoffroy Roux de Bézieux s’inquiète de son côté que "beaucoup de nos usines et chaînes de valeur sont à l'arrêt compte tenu de la gestion un peu radicale des autorités chinoises qui ferment des pans entiers de l'économie". La congestion des flux commerciaux étant l’une des causes de l’épisode inflationniste actuel.
Néanmoins la France devrait continuer à bénéficier des mesures gouvernementales - notamment sur le plan du coût de l''énergie - qui devraient lui permettent d'enregistrer une inflation "sensiblement plus faible que dans le reste de la zone euro". Ce qui ne devrait pas empêcher la BCE de commencer à normaliser sa politique monétaire dans les mois à venir.
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