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Macro-économie / Taux / Chine / covid-19 / PMI

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Chine / covid-19 / PMI

Le « zero covid » envoie l’économie chinoise sous terre

Retour des mesures prophylactiques oblige, l’activité économique chinoise a connu, en mars, un recul d’une ampleur sans précédent depuis le premier confinement mis en place début 2020, montrent des données officielles.
Puxi à Shanghai - Hector RETAMAL / AFP
Puxi à Shanghai - Hector RETAMAL / AFP

Alors qu’elle est confrontée à une énième vague de Covid-19, la Chine met de nouveau son économie sous cloche. Ce qui n’a pas manqué de provoquer son recul.

En mars, l’activité économique chinoise s’est contractée par rapport au mois précédent, d’après l’enquête menée par le Bureau national des statistiques (BNS) auprès des directeurs d’achats (PMI). L’indice PMI composite (qui recouvre les performances du secteur manufacturier ainsi que celles des services ou encore de la construction) s’est établi à 48,8 points, soit 2,4 points de moins qu’en février (une valeur inférieure à 50 points indique une baisse de l’activité sur un mois), son niveau le plus bas depuis… février 2020, lors du premier confinement mis en place par le gouvernement chinois pour juguler la pandémie.

Dans le dernier tiers de l’hiver, sous l’effet d’une envolée des cas liés au variant Omicron (ils varient entre 6.000 et 7.000 par jour), les autorités ont décidé - dans la logique d’une politique "zero covid" - d’organiser des campagnes de test massives et de confiner plusieurs grandes villes à travers tout le pays (dont Shanghai et Shenzhen), affectant ainsi plusieurs dizaines de millions d’habitants. L’indicateur de sévérité des mesures de restriction calculé par l’université Oxford (Stringency Index) a ainsi atteint en mars son point le plus haut depuis de nombreux mois (aux alentours de 75, 100 étant le maximum).

En toute logique, l’activité du secteur non-manufacturier a dévissé - l'indice PMI correspondant a reculé à 48,4 en mars, contre 51,6 en février – à cause de consommateurs cloîtrés chez eux ou au travail. L’industrie, quant à elle, a été entravée par les perturbations de la chaîne logistique et les délais de livraison qui s’allongent – son indice PMI s’est établi à 49,5 points contre 50,2 points en février. "Les perspectives à court terme restent très incertaines et dépendront largement de l'évolution de la situation virale. Les cas augmentent à Shanghai mais semblent diminuer ailleurs, ce qui nous laisse espérer que la vague actuelle peut encore être contenue. Mais même si l'épidémie est bientôt maîtrisée, il faudra encore un certain temps pour que l'économie se remette sur les rails", estime Julian Evans-Pritchard, économiste chez Capital Economics. Une opinion assez partagée par Iris Pang, cheffe économiste chez ING, qui a révisé sa prévision de croissance pour le premier trimestre du Produit intérieur brut (PIB) chinois en glissement annuel de près d'un demi point (2,275%) afin de prendre en compte ce nouveau confinement. "Mais nous révisons à la hausse nos prévisions pour le troisième trimestre qui passent de 5% à 6% en glissement annuel, car l'émission d'obligations spéciales par les collectivités locales devrait donner un coup de fouet aux projets d'infrastructure au second semestre", ajoute-t-elle.

Le gouvernement chinois a un objectif de croissance de 5,5% pour 2022. Les dernières prévisions du Fonds monétaire international (elles précédaient l'invasion russe et le nouveau confinement chinois) tablaient sur une progression de 4,8% de l'activité.

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