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Macro-économie / Taux / Fed / Etats-Unis / taux d'intérêt

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Fed / Etats-Unis / taux d'intérêt

La Fed pourrait meurtrir l’économie américaine afin de terrasser l’inflation, affirme BlackRock

Le plus gros gestionnaire d’actifs mondial s’inquiète des risques croissants de désancrage des anticipations d’inflation liés à la persistance d'une forte hausse des prix. S’ils se concrétisaient, la Banque centrale américaine n’aurait d’autre choix que de resserrer la vis au-delà du niveau supportable par l’Oncle Sam.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Yasin Ozturk / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Yasin Ozturk / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), serait-il en voie d’enfiler les gants de Paul Volcker ? Alors que les Etats-Unis sont aux prises avec une inflation inédite depuis ces quarante dernières années, le numéro 1 de la Fed pourrait être amené à conduire une politique monétaire restrictive. A l’image de son illustre prédécesseur qui, au cours des années 80, a plongé les Etats-Unis en récession à deux reprises en l'espace d'un an et demi en combattant une hausse importante et persistante des prix, héritée de la crise pétrolière qui avait débuté près d’une décennie plus tôt. C’est l’une des trajectoires possibles pour l’économie américaine, avance le BlackRock Investment Institute.

Dans son scénario central, le gestionnaire d’actifs juge que la Banque centrale américaine devrait continuer de tolérer une inflation élevée nourrie en majeure partie par les déficiences de l’offre (les perturbations affectant les chaînes d’approvisionnement ainsi que l’énergie), dans la mesure où elle "ne peut être atténuée qu'à un coût élevé pour la croissance".  Un phénomène pourrait toutefois conduire la Fed à relever son taux d’intérêt directeur au-delà du niveau auquel il n’a ni d’effet accommodant ni d’effet restrictif sur l’activité économique – ce niveau neutre est estimé entre 2% et 3% par les membres de son Comité de politique monétaire. Selon BlackRock, l’institution de Washington serait forcée à agir si les anticipations d’inflation des agents économiques se désancraient - une inflation forte au caractère durable pourrait conduire ménages et entreprises à réviser leur comportement en matière de négociation des salaires pour les uns et fixation des prix pour les autres.

Aussi, devant la menace d'une boucle prix-salaires, la Fed devrait agir "de manière agressive" afin de ramener l'inflation vers l'objectif et les anticipations vers un niveau compatible avec cet objectif. Cela aurait pour conséquence de "détruire la demande et augmenter le chômage", juge BlackRock. Le gestionnaire estime que l’ampleur de la contraction économique nécessaire pour faire rentrer le dentifrice dans le tube - selon la célèbre image de Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne (BCE) - serait très élevée.

Pour rappel, le taux d'intérêt de la Fed pilotée par Paul Volcker avait, à son pic, atteint 22% en décembre 1980, soit une augmentation d'environ 1.000 points de base par rapport à août 1979, date à laquelle Paul Volcker est entré en fonction. En face, l'inflation annuelle mesurée par l'indicateur fétiche de la Fed s'affichait à son zénith en mars 1980 à 11,6%. Le taux de chômage, lui, s'établissait à un sommet fin 1982 de 10,8%, un record qui n'aura été battu qu'au printemps 2020 avec la pandémie (14,7%).

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