WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Inflation / Etats-Unis / Fed / pétrole

Macro-économie / Taux
Inflation / Etats-Unis / Fed / pétrole

ukraine Etats-Unis : la déferlante inflationniste se poursuit

UKRAINE. En mars, la progression annuelle des prix à la consommation a atteint un nouveau sommet sous l’effet d’une explosion des prix du carburant liée au conflit russo-ukrainien. Le pic serait proche alors qu’une hausse du taux d’intérêt directeur au cours de chacune des prochaines réunions de la Banque centrale américaine ne fait guère plus de doute.
Supermarché à Monterey Park, Californie - Frederic J. BROWN / AFP
Supermarché à Monterey Park, Californie - Frederic J. BROWN / AFP

Sa hausse franchit un nouveau seuil : celui des 8 % l’an. Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la consommation (CPI) a augmenté de 8,5 % en mars (sur douze mois), d’après les données publiées par le département du Travail - contre 7,9 % en février. Ce chiffre plutôt en ligne avec les attentes du consensus est inédit depuis décembre… 1981. L’accélération enregistrée le mois passé est en large partie due à l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février qui a fait s’envoler l’or noir et donc les prix du carburant. En effet, en raison de leur augmentation de 18,3 % par rapport au mois de février, leur hausse s’est établie à 48,2 % sur un an (contre 38,1 % en février). Si bien que la dynamique des prix de l’énergie au sens large contribue pour un quart (25,8 %) à l’inflation annuelle (contre 21,2 % en février) – ils représentent 7,5 % de l’indice des prix.

Hors éléments volatils (énergie et alimentation), l’inflation a très légèrement progressé (6,5 %, soit une hausse de 0,1 point) pour rejoindre un nouveau sommet depuis l’été 1982. Dans le détail, l’inflation sous-jacente annuelle est portée à 19 % par la hausse des prix des véhicules d’occasion (voitures et camions) liée aux pénuries de puces électroniques affectant le marché des véhicules neufs – la demande s’est reportée sur le marché de l’occasion en conséquence. Par ailleurs, le coût du logement (incluant notamment l’évolution des loyers payés par les locataires et des loyers imputés aux propriétaires et qui suit avec retard la hausse des prix de l’immobilier observée l’année dernière) a crû de 5,1 % sur un an et contribue donc pour un tiers à l’inflation sous-jacente. Les pressions sur les prix étant relativement diffuses, l’autre moitié de l’inflation coeur trouve son origine dans de multiples catégories de biens et services (dont certaines liées à la réouverture de l’économie comme les billets d’avion).

Un pic en approche ?

Effets de base moins puissants obligent, d’aucuns estiment que le pic inflationniste ne serait plus très loin. "Les prix des ventes aux enchères de voitures d'occasion organisées par Mannheim [la plus grande vente aux enchères d'automobiles en gros au monde, ndlr] ont baissé de 5,4 % au cours des deux derniers mois. Les prix des véhicules d'occasion devraient donc continuer à baisser en avril [ils ont diminué de 3,8 % sur un mois en mars, ndlr] , tandis que lundi, le prix moyen national de l'essence était en baisse de 5 % par rapport au pic de 4,33 dollars le gallon atteint le 10 mars", illustre James Knightley, chef économiste chez ING.

Pas de quoi néanmoins infléchir le ton plus "faucon" affiché ces derniers temps par les membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed), en particulier par Lael Brainard, vice-présidente de la Banque centrale d'ordinaire plutôt "colombe". "Les données de mars ne changeront rien à leur intention d'augmenter le rythme des hausses de taux à 50 points de base par réunion à partir du mois prochain", explique Andrew Hunter, économiste senior chez Capital Economics. Les marchés à terme estiment à 67 % (contre 4,6% il y a un mois) la probabilité que le taux d’intérêt directeur se situe au moins à 2,50 % à la fin de l'année (il se situe aujourd’hui dans une fourchette comprise entre 0,25 % et 0,50 %), peut-on calculer grâce à l'outil FedWatch de CME Group.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article