WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Ukraine, remboursement, médiation du crédit, Bruno Le Maire

Macro-économie / Taux / défaillance / Bercy / PGE

Macro-économie / Taux
défaillance / Bercy / PGE

Retour à la normale pour les défaillances d'entreprises

Les défaillances d'entreprises repartent à la hausse lors de ce premier trimestre 2022. Si la fin des aides gouvernementales était attendue, l'invasion de l'Ukraine pourrait menacer nombre d'entreprises déjà aux prises avec le remboursement de leur prêt garanti par l'État (PGE).
Commerce en cessation d'activité. Sandrine Marty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Commerce en cessation d'activité. Sandrine Marty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La fameux "quoi qu'il en coûte" durant la crise sanitaire a permis de largement contenir les défaillances d'entreprises l'an passé. Logiquement ces dernières sont reparties à la hausse en mars - au cumul des 12 derniers mois selon la Banque de France - avec les aides gouvernementales qui sont moins présentes. Malgré cette hausse de 6,3 % en un an, le chiffre communiqué reste inférieur de 45 % à celui de 2019. Ce qui s'explique par une crise sanitaire qui ne s'estompe que peu à peu. Dans le même temps, la santé des entreprises s'est également améliorée pour certaines : Bercy rappelle à ce sujet que "près de 50 % des entreprises ont déjà commencé à rembourser de leur plein gré leur PGE" et que "16 % l'ont déjà entièrement remboursé".

Thierry Millon, directeur des études Altares, explique qu'il s'agit d'un "retour à une forme de normalité qui implique aussi une reprise des défaillances". Logiquement c'est une dynamique haussière qui débute et se concrétise déjà dans les secteurs "qui comptent sur la reprise des habitudes de consommation".

C'est précisément ce type d'activité qui se retrouve particulièrement en difficulté avec une hausse importante pour la restauration traditionnelle (+111 % entre le premier trimestre 2021 et 2022 selon Altarès) et pour les débits de boissons (+87 %). La vente et réparation de véhicules n'y échappe pas et "dérape de 33 %", ce qui lui fait d'ores et déjà dépasser "significativement le nombre de procédures de début 2020".

A contrario les activités B2B se comportent mieux pour le moment ; "la construction s’inscrit dans une hausse des défaillances moins rapide que la moyenne nationale (+19 %)" ou même un léger recul des procédures est à noter "dans les activités de sécurité (-2 %) et nettoyage de bâtiment (-3 %)".

L'avenir est néanmoins considérablement assombri par le conflit en Ukraine. Guillaume Cornu, responsable de l’activité Restructuring chez EY, est de l'avis que ce dernier va "considérablement fragiliser les entreprises qui se sont maintenues jusque-là grâce aux aides fournies par l’État". La problématique du remboursement des PGE va s'ajouter aux "effets pervers que ce conflit va imposer".

Ces deux problématiques importantes et plus particulièrement la hausse du prix des matières premières risquent "d'entraîner un effet domino qui va inévitablement entraîner une hausse forte de ces défaillances en 2022", d'après Baudouin de Thoré, directeur général chez AU Group.

Bercy se montre néanmoins plus rassurant sur le sujet puisque d'une part le taux de défaut sur les PGE devrait être uniquement de 3,1 %. Ce qui est le même taux que pour les prêts non garantis par l'État. Une belle réussite quand on se rappelle le taux de refus des PGE qui fut extrêmement faible (2,9 %). D'autant plus que les équipes de Bruno Le Maire comptent "continuer à soutenir les entreprises" qui éprouvent des difficultés. Il faut désormais espérer que les dispositifs mis en place comme "le recours à la médiation du crédit" ou le fait de pouvoir garder "gratuitement la garantie du prêt" puissent éviter une forte hausse des défaillances.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article