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L’irrésistible ascension des taux souverains
L’heure de la normalisation de la politique monétaire a sonné au sein de nombreuses Banques centrales des pays avancés. Et les marchés obligataires de ne pas y demeurer indifférents. Le rendement de l’obligation à échéance dix ans émise par le Trésor américain a doublé depuis le début de l’année, ayant atteint 3 %. Comme souvent, cela a fait des émules sur le Vieux continent : le taux allemand à dix ans a franchi le seuil de 1 % pour la première fois depuis l’été 2015 tandis qu’à 1,53 %, le taux de l’OAT dix ans s’est établi à un sommet depuis août 2014.
Les intentions de la Réserve fédérale américaine (Fed) n’y sont guère étrangères. Confrontée à une hausse des prix à la consommation plus persistante et élevée qu’escompté, l’institution de Washington devrait, selon toute vraisemblance, augmenter son taux directeur de 50 points de base à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire (FOMC) se tenant aujourd'hui et demain – ce serait alors une hausse d’une ampleur inédite depuis plus de vingt ans.
"Avec la mesure de l'inflation privilégiée par la Fed [Personal consumption price expenditures index - PCE, NDLR] qui a dépassé les 5 % au premier trimestre et l'absence notable de mentions de risques à la baisse dans le discours récent de la Réserve fédérale, nous pensons que la Fed devrait continuer à relever son taux de 50 points de base en juin", prévoit Allison Boxer, économiste chez Pimco. Evidemment, le cycle de normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale américaine ne s’arrêtera pas là, et les spéculations vont bon train quant à savoir jusqu’à quel point le loyer de l'argent (le taux terminal) se devra d’être onéreux pour terrasser l'inflation.
En un mois, le taux américain à deux ans, qui capture en partie la politique monétaire anticipée, a pris 35 points de base, ce que l'on pourrait associer au signe que les marchés anticipent une normalisation plus agressive qu’il y a quelque temps. Plus concrètement, les marchés à terme estiment que la probabilité que le taux directeur atteigne au moins 3,50 % en juillet 2023 est de 70,3 %, contre 28,2 % il y a un mois, peut-on calculer grâce à l'outil FedWatch de CME Group – le taux directeur se situe aujourd’hui dans une fourchette comprise entre 0,25 % et 0,50 %.
La politique effective de la Fed est également susceptible de jouer un rôle dans la normalisation des conditions financières et monétaires à laquelle on assiste : rappelons qu’elle a cessé ses achats nets d’obligations du Trésor et de créances hypothécaires en mars – la taille de son bilan, qui représentait 8.939,2 milliards de dollars au 27 avril 2022, devrait commencer à être réduite au début du second semestre (l'on évoque le chiffre de 100 milliards de dollars par mois au maximum). En conséquence de quoi, elle est désormais seulement présente sur les marchés obligataires au travers de ses réinvestissements des tombées d’obligations, ce qui a tendance à influer à la baisse sur la demande de titres et donc à la hausse sur leur taux.
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