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Macro-économie / Taux / Chine / Immobilier / taux d'intérêt / covid-19

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Baisse de taux record en Chine

Pour soutenir un marché immobilier en pleine décrépitude, dans un contexte de sévère durcissement des mesures prophylactiques, la Banque populaire de Chine a annoncé une diminution historique de 15 points de base du taux préférentiel de prêt à cinq ans.
Immeubles à Shanghai - Hector RETAMAL / AFP
Immeubles à Shanghai - Hector RETAMAL / AFP

C’est du jamais vu depuis que la deuxième économie du monde a remis à plat son système de pilotage des taux d’intérêt en 2019. La Banque populaire de Chine (PBoC) a annoncé une baisse de quinze points de base du taux préférentiel de prêt à cinq ans (LPR), quand les économistes interrogés par Bloomberg escomptaient une diminution de 10 points de base. Ce taux d’intérêt qui sert de référence pour la tarification des crédits à destination de l’immobilier chinois s’établit donc désormais à 4,45%.

Le fait que la Banque centrale chinoise n’ait annoncé aucune modification concernant le taux préférentiel de prêt à un an (3,70%) laisse supposer que c’est l’immobilier qui fait l’objet d’une attention toute particulière et ciblée des autorités (le LPR à un an sert, lui, de référence pour les prêts à destination des entreprises). "Nous pensons que l'initiative vise à soutenir la demande de logements", avance ainsi Julian Evans-Pritchard, économiste senior chez Capital Economics.

Ceci prend place dans un contexte où la Chine a fortement durci ses mesures prophylactiques ces derniers mois pour faire face à la vague pandémique Omicron : mi-avril environ 400 millions de personnes réparties dans 45 villes chinoises étaient sous la contrainte d’un confinement partiel ou total dans le cadre de la politique zéro-covid. Cela représente pas moins de 40 % du Produit intérieur brut (PIB) chinois, soit 7 200 milliards de dollars, selon le groupe financier japonais Nomura Holdings.

Sans surprise, plusieurs données indiquent une contraction économique lors du mois d’avril, et un recul de l’activité au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l’année est désormais loin d’être improbable (avant un rebond cet été). Englué depuis plusieurs mois dans des difficultés dont le promoteur Evergrande est l'une des plus illustres victimes, le marché immobilier a évidemment violemment déchanté ces dernières semaines. La valeur des transactions s’est effondrée de 42% en avril par rapport à mars (la chute atteint près de 60% par rapport à décembre 2021), d’après les données publiées par le Bureau national des statistiques de la Chine.

Cette déliquescence pourrait toutefois être temporaire. "Actuellement, la principale contrainte sur les ventes de biens immobiliers sont les restrictions virales. Mais à mesure que celles-ci sont assouplies, nous pensons que la combinaison de la baisse des taux hypothécaires et de la réduction des exigences en matière de mise de fonds jette les bases d'une reprise de la demande de logements", anticipe Julian Evans-Pritchard. Une opinion assez partagée par Iris Pang, cheffe économiste chez ING, qui juge que cela bénéficiera également à la situation bilantielle des professionnels du secteur. "Cela aidera les promoteurs immobiliers à augmenter leurs flux de trésorerie provenant des ventes et leur permettra de rembourser leurs dettes. Ainsi, le ratio d'endettement des promoteurs immobiliers endettés devrait diminuer", explique l’économiste.

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