Macro-économie / Taux / Marchés financiers / stabilité financière / Fed
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Marchés financiers / stabilité financière / Fed
Les plus grosses peurs des marchés
Leurs peurs ont évolué. Les craintes des marchés financiers à l’horizon des douze à dix-huit prochains mois ont significativement changé, nous apprend le rapport semestriel de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur la stabilité financière. En comparaison du rapport paru en novembre dernier, seule une des cinq menaces les plus citées demeure encore parmi les plus évoquées.
Évidemment, le choc géopolitique et économique que constitue la guerre russo-ukrainienne fait une entrée en fanfare dans le classement à la première place, indique cette enquête menée en avril auprès de 22 professionnels de marché (courtiers, investisseurs, sociétés de conseil). Près de 80% de ces derniers l’ont cité comme risque potentiel pour la stabilité financière. "Beaucoup ont été attentifs aux effets néfastes d'une forte hausse des prix de l'énergie notamment l'augmentation des pressions inflationnistes à court terme, les effets négatifs sur la croissance mondiale, les vulnérabilités des entreprises sensibles à l'énergie et la possibilité d'une détresse aiguë des chambres de compensation ou des Bourses", rapporte la Fed.
Sur la seconde place du podium, on retrouve le risque qui fut placé en tête lors de la dernière enquête : une inflation persistante et un resserrement de la politique monétaire (cité par environ 70 % des sondés). Alors que l’inflation américaine évolue à des niveaux historiques depuis de nombreux mois, la Fed va être amenée à augmenter son taux directeur de plusieurs cinquantaines de points de base cette année en plus de réduire d’environ 500 milliards de dollars la taille de son immense bilan. "Nombreux sont ceux qui ont observé que ce resserrement pourrait survenir dans un contexte économique affaibli, ce qui amplifierait son effet négatif", indique le rapport. Ces derniers mois, la plupart des commentateurs affirment en effet que la Fed sera dans l’incapacité de faire atterrir en douceur l’économie américaine (faire ralentir la croissance sans provoquer de récession) dans sa volonté de générer une désinflation.
Cette anticipation de la part des marchés explique sans doute, en partie, leur troisième plus grande crainte : une correction sur les marchés d’actifs risqués (cité par 50 % des acteurs interrogés). Craintes qui se sont trouvées plus que vérifiées depuis le début de l’année avec une chute de 15 % du S&P 500 et d’un quart de l’indice à forte coloration technologique qu’est le Nasdaq.
Fait le plus marquant, après avoir pesé sur l’économie mondiale pendant près de deux ans, la pandémie a quasiment disparu des radars. Alors qu’en novembre dernier le Covid-19 représentait la deuxième menace la plus citée, elle ne se situe désormais qu’à la dixième place (30 % des sondés), devancée par les tensions entre la Chine et les États-Unis, les cyberattaques, un épisode de stress sur le marché du crédit ou encore le niveau élevé des prix de l’énergie.
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