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Macro-économie / Taux / SMIC / France / Emploi

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SMIC / France / Emploi

Le coût qu’aurait une hausse de 15 % du Smic

Si cette proposition ayant émergé durant la campagne des législatives était appliquée, elle pourrait avoir des conséquences significatives sur le marché du travail et les finances publiques, avance l’Institut Montaigne qui admet toutefois que nombreuses incertitudes planent sur l'estimation.
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Riccardo Milani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Inflation historique oblige, les élections législatives françaises sont l’occasion de voir affluer en nombre les propositions pour augmenter le pouvoir d’achat des Français. L’une d’entre elles consisterait à placer le Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) mensuel à hauteur de 1 500 euros nets, soit une hausse de 15 % par rapport à son niveau actuel. Cette mesure s’avérerait loin d’être neutre pour l’économie française, selon l’Institut Montaigne.

D’une part, elle aurait des effets sur les finances publiques. De fait, ces dernières y gagneraient au travers de plusieurs canaux (l’extrapolation de ces chiffres est basée sur les données issues du rapport du groupe d’expert sur le Smic de 2017) : la hausse de l’impôt sur le revenu collecté (1,064 milliard d’euros), la baisse des prestations sociales tels que les aides au logement ou la prime d’activité (1,672 milliard d’euros) et la hausse des contributions sociales à la charge des salariés (3,648 milliards d’euros).

Du côté de la hausse des dépenses, devrait être supportée la baisse des cotisations sociales employeurs (6,080 milliards d’euros - une hausse du Smic augmente le plafond des salaires soumis à des allègements de cotisations) et la hausse de la masse salariale publique (3,952 milliards d’euros - 1,2 million de fonctionnaires sont au Smic ou juste au-dessus, d’après la ministre Amélie de Montchalin).

Le coût net pour la puissance publique s’élèverait donc à 3,6 milliards d’euros environ, selon l’Institut Montaigne.

D’autre part, une telle hausse du Smic aurait des retombées non négligeables pour l’emploi au travers de l’augmentation du coût du travail non qualifié qu’il constitue. L’Institut Montaigne cite deux études qui évaluent les dégâts : l’une conclut qu’une hausse du Smic de 1 % conduit à une baisse de la demande de travail pour ces emplois de -1,5 % (soit 33 750 emplois aujourd’hui), l’autre indique que cela conduirait à la destruction de 14 500 emplois, majoritairement concentrés au niveau du Smic, et à la création de 12 200, principalement concentrés sur les salaires au-dessus du Smic. Ainsi, la destruction nette d’emplois se trouverait dans une fourchette comprise entre 34 960 et 327 560.

Attention, "il est difficile d’estimer l’impact net d’une hausse du Smic en raison des différents effets qui jouent dans des sens contraires (effet emploi, effet revenu des ménages, effet sur le coût du travail) et qui dépendent notamment du degré de diffusion de la hausse du Smic sur les autres salaires", reconnaît l’Institut Montaigne qui indique que "l’environnement macroéconomique a évolué depuis les dernières études qui ont été conduites sur le sujet (notamment en ce qui concerne les effets sur l’emploi), rendant l’utilisation des estimations faites à l’époque, imparfaites". Par ailleurs, "l’ampleur de la hausse envisagée introduit de l’incertitude supplémentaire concernant les comportements des ménages et des entreprises", ajoute le think tank.

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