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Macro-économie / Taux / Inflation / Marchés

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ukraine L’inflation américaine envoie les marchés au tapis

UKRAINE. En mai, malgré les effets de base désinflationnistes à l’œuvre, la hausse annuelle des prix à la consommation a atteint un niveau inédit depuis décembre 1981. Les marchés actions et obligataires ont dévissé dans la foulée alors que les craintes que la Fed ne tape plus fort vont grandissant.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - OLIVIER DOULIERY / AFP
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - OLIVIER DOULIERY / AFP

Aux États-Unis, l’inflation ne se laisse pas faire et les marchés n’apprécient guère. Alors que le consensus s’attendait à ce qu’elle se stabilise en mai, elle s’est permis de franchir un nouveau record. L’inflation s’est établie à 8,6 % sur un an contre 8,3 % en avril, soit un niveau inédit depuis décembre 1981, d’après les données publiées par le département du Travail. Une vive envolée des prix du carburant et de l’alimentation, liée notamment à la guerre en Ukraine, a eu raison de la stagnation que les conjoncturistes anticipaient en raison d’effets de base favorables. Finalement, ces derniers furent insuffisants en regard d’une croissance des prix à la consommation de près de 13 % en rythme annualisé par rapport à avril.

Déjà bien à la peine depuis le début de l’année et particulièrement volatils, les marchés actions et obligataires digèrent bien mal cette surprise. C’est ainsi que le S&P 500 et le Nasdaq affichent des pertes de plus de 2 % cet après-midi tant que le taux américain à dix ans a grimpé d’une dizaine de points de base à 3,10 %. L’Europe n’est pas restée insensible à ce mouvement : l’Euro Stoxx 50 est en recul d’environ 3 % depuis la parution du chiffre à 14h30. Du côté des titres à revenu fixe, le taux allemand à dix ans a pris 8 points de base, contre 12 points de base pour son équivalent français (ils se situent à 1,47 % et 2,06 %, respectivement).

Au-delà de cette hausse inattendue, ce qui effraie les marchés est que l’inflation ne décélère que très lentement au cours des mois à venir. Il faut dire que "la Russie ne montre aucun signe de retour en arrière dans son assaut contre l'Ukraine, les mesures de blocage de la Chine se sont atténuées, mais pourraient revenir à tout moment compte tenu de sa stratégie zéro-covid et le taux d'activité aux États-Unis reste obstinément bas par rapport aux normes historiques [ce qui ne permet donc pas d’atténuer l’inflation salariale, ndlr] malgré une forte accélération de la croissance des salaires", résume James Knightley, chef économiste chez ING.

La Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait être alors d’autant plus incitée à mettre les bouchées doubles pour respecter son mandat (plein-emploi et inflation de 2 % l’an en moyenne). Elle pourrait augmenter plus fortement ses taux d’intérêt ou réduire plus vite la taille de son bilan et ainsi faire porter à la croissance économique un fardeau que d'aucuns jugent trop lourd. Hier, les marchés à terme estimaient qu’il y avait moins de quatre chances sur dix pour que le taux d’intérêt directeur de la Fed atteigne au moins 3 % en décembre 2022, ils jugent désormais que la probabilité s’élève à 71,7 %, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool - le taux directeur de la Fed se situe aujourd'hui dans une fourchette comprise entre 0,75 % et 1 % et évoluait entre 0 % et 0,25 % au début de l'année.

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