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Industrie automobile / immatriculations / ventes
Marché automobile : les ventes de voitures neuves continuent de chuter
Les temps sont durs pour l’automobile et les défis auxquels le secteur doit faire face sont nombreux. Alors que les constructeurs automobiles n’avaient toujours pas retrouvé, en début d’année, les volumes d’avant-crise en raison de la pénurie de puces électroniques, la guerre en Ukraine s’est ajoutée depuis aux difficultés déjà existantes. Le conflit engendre des perturbations des chaînes mondiales d’approvisionnement, des tensions sur les matières premières, mais aussi la perte du marché russe.
Autant de contraintes qui pèsent sur les immatriculations de véhicules neufs un peu partout dans le monde. En France, le secteur a enregistré 171.089 immatriculations de voitures particulières en juin, soit une baisse de 14,24 % sur un an avec un jour d'activité en moins. Sur les six premiers mois de l’année, le marché recule de 16,34 % avec 771.982 immatriculations.
"Les mêmes effets produisent les mêmes conséquences. (...) On est toujours sur ce problème d'offre lié à la pénurie de semi-conducteurs", soupire François Roudier de la Plateforme automobile. Il devrait se vendre de 200.000 à 250.000 véhicules pendant un mois de juin normal, a-t-il ajouté.
"Une crise lourde"
Le leader Stellantis - avec 32,5 % du marché français - est en recul de 21,09 % sur le semestre, avec notamment un fort recul de Citroën et Peugeot. Renault a limité sa chute à 10,75 % sur six mois, mais est en hausse de 4,09 % en juin. Plus bas dans le classement, les ventes du groupe Volkswagen ont baissé de 25,59 % sur le semestre, celles de Toyota de 19,82 % et celles de BMW de 12,27 %. Tesla enregistre aussi un fort recul de ses livraisons en juin, lié au rebond de l'épidémie de Covid-19 en Chine où est fabriquée une partie de ses véhicules.
"On est vraiment dans une crise lourde. Marque par marque, on voit que certaines ont eu des semi-conducteurs et ont pu produire leurs modèles et d'autre non", certaines usines ayant carrément fermé, souligne François Roudier.
Diesel et essence ont représenté 54,3 % des ventes de voitures particulières en France au premier semestre 2022, contre 65,3 % un an plus tôt. Le marché de l'occasion a parallèlement baissé de 17,9 % en juin pour le septième mois consécutif avec 453.583 transactions, soit une baisse de 12,4 % sur le semestre, selon le cabinet AAA Data.
Japon, Allemagne, Royaume-Uni… même tendance
Partout ailleurs dans le monde, le marché automobile est aussi confronté à une tendance excessivement baissière. Les ventes de véhicules neufs au Japon ont chuté de 15,8 % en juin sur un an, reculant pour le dixième mois consécutif. Cette baisse est du même ordre que celles enregistrées en mai (-16,7 %) et en avril (-15 %). En juin, les ventes du leader Toyota, qui en incluant sa marque haut de gamme Lexus représentaient 46 % des ventes de véhicules au Japon, ont chuté de 25,8 % sur un an dans le pays. Celles de Nissan, allié de Renault, ont limité leur baisse (-1,9 % sur un an) tandis que celles du deuxième constructeur nippon Honda ont progressé de 15,1 % sur la même période.
Le marché automobile allemand, quant à lui, a plongé de 11 % sur un an au premier semestre, selon des chiffres officiels publiés par l'Agence fédérale pour l'automobile KBA. "La fin de la crise actuelle n'est pas en vue pour le moment", note Peter Fuß du cabinet EY. Au Royaume-Uni, les immatriculations de véhicules neufs s’effondrent de 24,3 % au moins de juin sur un an, avec seulement 186.128 véhicules vendus.
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