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Macro-économie / Taux / Jerome Powell / Fed / taux d'intérêt

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Jerome Powell / Fed / taux d'intérêt

Jerome Powell ne compte pas faire volte-face

Lors du discours qu’il a tenu au grand raout annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, le grand argentier n’a fait montre d’aucune faille dans sa détermination à terrasser l’inflation. Au grand dam d’un marché qui estime que la Fed bluffe.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Graeme Jennings/Pool/XINHUA-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Graeme Jennings/Pool/XINHUA-REA

Plusieurs membres du Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed) avaient préparé le terrain depuis quelques jours en parsemant leurs interventions médiatiques de propos "faucons". Alors que les marchés actions américains ont rebondi cet été, en partie nourris par des espoirs de moindre resserrement monétaire qu’anticipé, Jerome Powell, président de la Fed, vient de mettre quelque peu en branle leurs certitudes.

A l’occasion de la grand-messe annuelle des banquiers centraux à Jackson Hole, l’Américain a déclaré que "restaurer la stabilité des prix prendra du temps". L’inflation a atteint 8,5% sur un an en juillet, après 9,1% en juin sous l’effet d’une baisse des prix de l’énergie, ce qui avait particulièrement enthousiasmé les marchés – contre toute attente, les conditions financières se sont en conséquence assouplies cet été aux Etats-Unis, la Banque centrale devait donc hausser le ton. Rappelons que la Fed vise une progression annuelle des prix à la consommation de 2% en moyenne.

"Si la baisse de l'inflation en juillet est la bienvenue, l'amélioration d'un seul mois est loin d'être suffisante pour que le Comité soit convaincu que l'inflation diminue", a prévenu Jerome Powell. Pour cela, la Fed va conduire une politique monétaire restrictive. Se situant en ce moment entre 2,25 et 2,50%, le taux directeur de la Fed est à son niveau neutre, il n’a ainsi en théorie ni effet accommodant ni restrictif sur l’activité. Cela ne va pas durer.

La majorité des membres du FOMC estime qu’il atteindra au moins 3,25% en décembre 2022, puis la moitié d’entre eux s’attend à ce qu’il s’établisse au moins à 3,75% fin 2023. À l’inverse, le marché s’attend, lui, à ce que la Fed desserre son étreinte dès l’an prochain. Reste que, "les données historiques mettent fortement en garde contre un assouplissement prématuré de la politique monétaire ", a fait remarquer le grand argentier.

 

Eviter le "trop peu, trop tard"

 

Jerome Powell a fait valoir que d’autres leçons pouvaient être tirées des luttes passées contre l’inflation. "Les coûts en termes emplois liés à la réduction de l'inflation sont susceptibles d'augmenter avec le temps, car l'inflation élevée devient plus ancrée dans la fixation des salaires et des prix. La désinflation réussie de Volcker au début des années 1980 a fait suite à de multiples tentatives infructueuses de réduire l'inflation au cours des 15 années précédentes", a indiqué Jerome Powell. Les Etats-Unis payèrent cher les errances monétaires de la Fed des années 70 : deux récessions et un taux de chômage au-dessus de 10% pendant de nombreux mois furent nécessaires pour remporter la victoire. "Notre objectif est d'éviter ce résultat en agissant maintenant avec détermination", a lancé Jerome Powell.

Le marché est prévenu et n’a que peu goûté le discours du banquier central. A 17h40, le S&P 500 lâchait près de 2% tandis que le Nasdaq (à forte coloration technologique donc par essence plus sensible aux hausses de taux) abandonnait 2,5%.

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