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Macro-économie / Taux / Fed / Inflation / taux d'intérêt

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Fed / Inflation / taux d'intérêt

La Fed remue le couteau dans la plaie

Les membres du Comité de politique monétaire de la Banque centrale américaine s’attendent à bien plus de hausses de taux d’intérêt qu’ils ne l’avaient anticipé. Le coût de la lutte contre l’inflation s’accroît, si bien que les Etats-Unis compteront plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus que prévu à l’avenir.
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA
Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine - Liu Jie/XINHUA-REA

La politique monétaire conduite par la Réserve fédérale américaine (Fed) aura des retombées négatives plus puissantes qu’anticipé à la fin du printemps dernier. Alors que le Comité de politique monétaire (FOMC) vient de décider de placer le taux directeur à un niveau compris entre 3 et 3,25 %, il escompte des hausses de taux plus fortes que prévu au cours des prochains mois.

Du fait d’une inflation élevée plus persistante qu’ils ne l’avaient imaginé, leur estimation – médiane - du taux directeur s’établit à 4,4 % pour la fin 2022, et 4,6 % fin 2023, soit respectivement 100 et 80 points de base de plus que dans leur prévision de juin. Le taux directeur refluerait ensuite en 2024 à 3,9 % puis à 2,9 % en 2025. Pour rappel, le taux neutre (celui qui n'a ni effet restrictif ni accommodant sur l'activité économique) est estimé à 2,5 %. 

L'inflation, elle, telle que mesurée par l'indice des dépenses de consommation personnelle (PCE Index) devrait atteindre en moyenne annuelle 5,4 % en 2022, 2,8% en 2023 et 2,3 % en 2024 contre 5,2 %, 2,6% et 2,2 % précédemment). Le retour à la cible (2 %) ne se ferait ainsi qu'en 2025. 

"Le rétablissement de la stabilité des prix nécessitera probablement le maintien d'une politique restrictive pendant un certain temps. Les données historiques mettent fortement en garde contre un assouplissement prématuré de la politique monétaire", a déclaré Jerome Powell, président de la Fed, à l’occasion de sa conférence de presse, faisant ainsi encore référence à son discours de Jackson Hole, et aux erreurs d’Arthur Burns, l'un de ses prédécesseurs, dans les années 70.

En conséquence de quoi, la croissance économique des Etats-Unis a été révisée à la baisse pour 2022, 2023 et 2024. La Fed attend désormais que la progression annuelle du Produit intérieur brut (PIB) s’affiche à 0,2 % en 2022, 1,2% en 2023, 1,7% en 2024 (contre 1,7 %, 1,7%, 1,9%). "La réduction de l'inflation nécessitera probablement une période prolongée de croissance inférieure à la tendance, et il est fort probable que les conditions du marché de l'emploi s'assouplissent [les déséquilibres entre l’offre et demande de travail vont se résorber, ndlr]", a reconnu le grand argentier.

Doux euphémisme argueront certains. De fait, les membres du FOMC anticipent un taux de chômage de 4,4 % l’an prochain, contre 3,9 % jusqu’ici (il est à 3,7 % aujourd’hui). Si l’on suppose une croissance de 0,5% par an de la population active (ainsi que s'y attend le département du Travail), cela implique une hausse de près de 1,3 million du nombre de chômeurs d’ici la fin 2023. Ils seraient ainsi 7,3 millions, puis 7,33 millions fin 2024. En cumulé, cela représente plus d'un million de chômeurs de plus que ne l'anticipait la Fed lors de ses dernières prévisions. 

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