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Macro-économie / Taux / PLF 2023 / croissance / déficit public

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PLF 2023 / croissance / déficit public

Le "quoi qu’il en coûte" soft laisse songeur le HCFP

D’après le projet de loi de finances 2023 présenté ce matin, le déficit public devrait demeurer élevé l’an prochain pour s’établir à 5% du Produit intérieur brut (PIB). Une prévision semée d’embûches, avance le Haut conseil des finances publiques, qui remet notamment en cause les hypothèses de croissance économique du gouvernement.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et Président du Haut Conseil des finances publiques et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance -  Nicolas TAVERNIER/REA
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et Président du Haut Conseil des finances publiques et Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance - Nicolas TAVERNIER/REA

"Ce n’est pas un budget de rigueur, ce n’est pas un budget de facilité, c’est un budget responsable et protecteur dans des temps de grandes incertitudes", a déclaré ce matin, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances 2023 (PLF 2023).

Ce budget "responsable" est tout de même synonyme d’un déficit public représentant, comme en 2022, 5% du Produit intérieur brut (PIB) - 137,7 milliards d'euros - alors que le gouvernement maintient nombre de mesures pour protéger le pouvoir d’achat des Français (limitation de la hausse des prix du gaz et de l’électricité, soit un coût de 45 milliards d’euros) ainsi que les entreprises (celles d’entre elles étant énergo-intensives peuvent accéder à des subventions que Bercy chiffre à 3 milliards d’euros) dans un contexte de forte augmentation des prix à la consommation.

 

Excès d'optimisme ? 

 

Cette prévision est notamment fonction de la trajectoire que va connaître l’activité économique hexagonale au cours des prochains mois. Le gouvernement escompte une croissance du PIB de 1% en 2023 après 2,7% cette année. Une prévision "un peu élevée", a estimé le Haut conseil des finances publiques (HCFP), qui rapporte que les instituts qu’il a auditionnés s’attendent à une croissance comprise entre 0 et 0,6%.

En cause ? Des hypothèses effectuées par le gouvernement qui apparaissent fragiles. Par exemple, le premier partenaire commercial du pays des Lumières qu’est l’Allemagne devrait voir son PIB progresser de 0,8% en 2023, selon le gouvernement quand une récession ultra-rhénane est attendue par l’Ifo, le Kiel Institute ou encore le Consensus Forecasts.

Par ailleurs, le gouvernement fait l’hypothèse que la consommation va croître de 1,4% tandis que le taux d’épargne baisserait, là encore des suppositions peut-être trop ambitieuses. "Cette évolution n’est pas acquise dans un contexte marqué par un fort niveau d’incertitude, une confiance des ménages à des niveaux historiquement bas et un taux de rémunération de l’épargne en hausse", juge ainsi le HCFP.

Interrogé ce matin sur les remarques du HCFP afférentes aux prévisions de croissance, Bruno Le Maire a rétorqué qu' "il n’y a jamais de certitude, mais il y a une ambition. Nous maintenons que dans les circonstances actuelles, l’économie française résiste et que ses fondamentaux en termes d’investissement, d’emploi et de demande restent solides".

 

Dépenses sous-évaluées ?

 

Une autre composante du déficit public rapporté au PIB laisse le HCFP perplexe : les dépenses. Elles pourraient être sous-estimées.

C’est ainsi que concernant l’Objectif national de dépenses d'assurance maladie (Ondam), les dépenses liées au Covid-19 pourraient s’avérer plus fortes qu’anticipé. La provision de "seulement" 1 milliard d’euros, "qui suppose notamment une chute massive des dépenses de tests (division par 20 par rapport à 2021), risque de se révéler très insuffisante", pointe le HCFP.

D’autre part, "le maintien d’une inflation élevée en 2023, pour la deuxième année consécutive, pourrait entraîner une hausse plus forte que prévu de certaines dépenses de fonctionnement difficilement compressibles ou d’investissement, tandis que la prévision suppose l’absence de revalorisation du point fonction publique", explique l’organisme rattaché à la Cour des comptes. Et c’est sans compter le bouclier tarifaire qui pourrait voir son coût se creuser si les prix de marché du gaz ou de l’électricité s’envolaient.

Alors que les débats parlementaires concernant le PLF 2023 vont débuter dans les prochains jours, Bruno Le Maire a déclaré que la France est "à l'euro près".

"Nous accueillerons les propositions d'économies avec le plus grand intérêt, les nouveaux impôts avec méfiance et les dépenses nouvelles avec circonspection. Je sais hélas que les premières seront rares, les deuxièmes seront multiples et que les troisièmes seront innombrables", a ironisé le locataire de Bercy. 

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