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Macro-économie / Taux / Banque d'Angleterre / marchés obligataires / taux d'intérêt

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Banque d'Angleterre / marchés obligataires / taux d'intérêt

La Banque d’Angleterre joue les pompiers

En réponse aux très fortes tensions agitant le marché obligataire britannique liées à la politique budgétaire expansionniste du gouvernement conservateur, la Banque centrale a annoncé qu’elle allait conduire des achats de titres illimités. Les taux d’intérêt se sont depuis détendus.
Banque d'Angleterre - P.WOLMUTH/Report Digita-REA
Banque d'Angleterre - P.WOLMUTH/Report Digita-REA

Elle entre en action. Alors que les marchés obligataires britanniques traversent une période compliquée (le taux d’intérêt à 10 ans sur la dette d’Etat a augmenté de 130 points de base en cinq jours) du fait des annonces budgétaires du gouvernement de Liz Truss, la Banque d’Angleterre (BoE) vient d’annoncer prendre des mesures pour apaiser la situation. C’est au nom de la stabilité financière dont elle est en charge que la vieille dame de Threadneedle Street a pris le parti d’intervenir.

"Si le dysfonctionnement de ce marché [obligataire à long terme] devait se poursuivre ou s'aggraver, il y aurait un risque important pour la stabilité financière du Royaume-Uni. Cela entraînerait un resserrement injustifié des conditions de financement et une réduction du flux de crédit vers l'économie réelle", a déclaré l’institution de Londres. Si bien que "la Banque d'Angleterre est prête à rétablir le fonctionnement du marché et à réduire tout risque de contagion aux conditions de crédit pour les ménages et les entreprises du Royaume-Uni", a-t-elle fait savoir.

Pour ce faire, la Banque centrale va procéder, à compter d’aujourd’hui, à des achats d’obligations d’Etat britanniques. L'objectif de ces achats sera de "rétablir des conditions de marché ordonnées. Les achats seront effectués à l'échelle nécessaire pour parvenir à ce résultat".

Par ailleurs, cette opération sera strictement limitée dans le temps puisqu'elle se déroulera jusqu'au 14 octobre. Les achats seront dénoués "de manière harmonieuse et ordonnée dès que les risques pour le fonctionnement du marché auront disparu", a précisé l'institut d'émission.

D’autre part, alors que la Banque d’Angleterre a amorcé la réduction de son bilan (quantitative tightening – absence de réinvestissements des tombées de titres arrivant à échéance) depuis le début de l’année dans le cadre de sa lutte contre l’inflation (objectif de réduction du stock d’obligations d’Etat de 80 milliards de livres par an soit environ un dixième du total), elle a indiqué que ses ventes d’obligations d’Etat britanniques qui devaient commencer la semaine prochaine sont repoussées - elles démarreront le 31 octobre.

Le marché a apprécié l'intervention de la BoE : au cours de l'après-midi, le taux d'intérêt à 10 ans a reflué de 45 points de base à 4,15 % tandis que le taux à 30 ans a abandonné environ 100 points de base pour s'afficher à 4,07 %. La livre, elle, a progressé de 2 % face au billet vert (1,07 dollar).

Pour ING, la Banque centrale n'a fait que gagner du temps. "Beaucoup de choses dépendent encore du Trésor et les investisseurs seront à la recherche d'un plan crédible pour maîtriser la dette", expliquent les économistes de la bancassurance néerlandaise. Un sentiment plutôt partagé par Paul Dales, chef économiste chez Capital Economics, pour qui il ne serait pas très surprenant qu'un autre problème sur les marchés financiers apparaisse d'ici peu.

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