Macro-économie / Taux / Inflation / croissance / UNCTAD
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Inflation / croissance / UNCTAD
La coûteuse lutte contre l'inflation
Une fuite en avant. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) estime que les économies les plus avancées risquent de plonger le monde dans une grave récession. Sont mis en cause les récents choix de politiques, tant sur le plan budgétaire que monétaire, visant à lutter contre la spirale inflationniste.
La secrétaire générale de la CNUCED, Rebeca Grynspan, n’a pas mâché ses mots: "Nous avons les outils nécessaires pour calmer l'inflation et soutenir tous les groupes vulnérables. Mais la ligne de conduite actuelle nuit aux plus vulnérables, en particulier dans les pays en développement, et risque de faire basculer le monde dans une récession mondiale".
Panne sèche
La CNUCED s'attend à voir l'économie mondiale connaître une croissance de 2,5 % cette année puis ce que cette dernière ne soit que plus 2,2 % en 2023. Des prévisions qui font que le PIB réel sera "toujours en dessous de sa tendance pré-pandémique à la fin de l'année prochaine", ce qui implique "un manque à gagner cumulé de plus de 17 000 milliards de dollars".
Le resserrement de la politique mené récemment est très sévèrement jugé par Rebeca Grynspan et ses équipes ; d'autant plus qu'à leurs yeux cela fait suite à une décennie durant laquelle les "banques centrales ont constamment manqué leurs objectifs d'inflation et n'ont pas réussi à générer une croissance économique plus saine". Aujourd'hui le choix de s'appuyer sur une hausse des intérêts pour faire baisser les prix, tout en espérant ne pas déclencher de récession, est "un pari imprudent" aux yeux de l'organisme basé à Genève.
Les véritables perdants
Un ralentissement "synchronisé de l'économie mondiale touchant toutes les régions" est certes évoqué par le CNUCED mais de façon plus fine c'est de "nombreux pays en développement" qui pourraient connaître "une période de stagnation et d'instabilité économique". Là où uniquement "certains pays développés" souffriraient de ces conséquences du resserrement de la politique monétaire.
Pour exemple les hausses de taux d'intérêt décidées aux États-Unis "devraient amputer les revenus futurs des pays en développement (à l'exclusion de la Chine) d'un montant estimé à 360 milliards de dollars". Un montant qui n'est pas exhaustif et n'empêche aucunement de nouvelles difficultés de survenir.
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